Deutsche Tageszeitung - Pas de baisse des taux d'intérêt de la Fed en vue, Trump déjà déçu

Pas de baisse des taux d'intérêt de la Fed en vue, Trump déjà déçu


Pas de baisse des taux d'intérêt de la Fed en vue, Trump déjà déçu

La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait laisser ses taux d'intérêt inchangés pour la quatrième fois de suite mercredi et cette éventualité agace d'avance Donald Trump, qui a mis un nouveau coup de pression sur l'institution.

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"Il n'y a pas d'inflation" aux Etats-Unis "et donc j'aimerais voir les taux baisser", a déclaré le chef de l'Etat devant la Maison-Blanche.

M. Trump a qualifié le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, de "personne stupide". Et aussi affirmé que ce dernier, qu'il avait lui-même désigné pour prendre la tête de l'institution en 2018, était "politisé".

"Peut-être que je devrais aller à la Fed. Est-ce que je suis autorisé à me désigner moi-même ?" a lancé M. Trump.

Les acteurs de la finance sont quasiment certains que la Fed ne va pas toucher à ses taux mercredi, en adepte de l'immobilité prudente face au terrain glissant des droits de douane et des crises géopolitiques.

Son comité de politique monétaire (FOMC) rendra sa décision à 14H00 heure locale (18H00 GMT) et Jerome Powell tiendra 30 minutes plus tard sa traditionnelle conférence de presse.

Il s'agit de la quatrième réunion de la Fed depuis le retour au pouvoir de M. Trump en janvier.

Les trois précédentes se sont conclues par un statu quo sur les taux, situés depuis décembre entre 4,25% et 4,50%.

Le président américain avait récemment estimé qu'il faudrait baisser les taux "carrément d'un point" de pourcentage afin de réduire les coûts d'emprunt des particuliers et des entreprises.

Les banques centrales bougent généralement plus lentement leurs taux, d'un quart de point à la fois.

Surtout, les responsables de la Fed ont montré qu'ils tenaient à rester crédibles en matière de lutte contre l'inflation, et que le principal risque était selon eux, pour l'heure, celui d'un déraillement des prix du fait des nouveaux droits de douane.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, M. Trump a imposé au moins 10% de surtaxe sur la plupart des produits importés aux Etats-Unis et menace d'aller plus loin.

- Prévisions actualisées -

"Trump a en quelque sorte raison quand il dit qu'il n'y a pas d'impact sur les prix à la consommation", a déclaré à l'AFP Dan North, économiste chez Allianz Trade North America. Mais, enchaîne-t-il, "c'est parce que cela prend quelques mois" avant que les vagues des droits de douane percutent les consommateurs.

"A moins que ces droits de douane ne soient retirés demain (...) l'inflation va repartir, ce que la Fed veut à tout prix éviter", selon M. North.

"En plus, l'économie américaine ne supplie pas la Fed de réduire les taux. Les consommateurs continuent à dépenser, le marché du travail crée encore des emplois, même s'il ralentit un peu", souligne M. North, qui s'attend au mieux à une baisse de taux lors de la dernière réunion de l'année, en décembre.

En l'absence de suspense quant à la décision de mercredi, "tout le monde regardera si une majorité (des responsables de la Fed) est toujours en faveur d'au moins une baisse cette année", pointe la banque BBVA dans une note.

Ceux-ci envisageaient jusqu'alors deux baisses de taux en 2025.

Les investisseurs guetteront aussi l'actualisation des prévisions de la Fed pour la première économie mondiale.

Va-t-elle abaisser comme en mars ses prévisions pour la croissance, l'inflation et le chômage? Ou considère-t-elle que les États-Unis seront plus étanches que redouté au choc des droits de douane?

Le consommateur - moteur de l'économie américaine - semble en tout cas plus attentif à son porte-monnaie. Un indicateur publié mardi montre que les ventes au détail (dans les magasins, les restaurants, chez les concessionnaires) ont reflué de 0,9% en mai.

L'escalade militaire au Moyen-Orient brouille davantage le tableau. La modération de l'inflation dont se félicite M. Trump est largement due à la baisse des cours du pétrole. Le conflit menace de le faire flamber.

(L.Møller--DTZ)

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