Deutsche Tageszeitung - Contre les drones, la marine répond brouillage et "mur d'acier"

Contre les drones, la marine répond brouillage et "mur d'acier"


Contre les drones, la marine répond brouillage et "mur d'acier"
Contre les drones, la marine répond brouillage et "mur d'acier" / Photo: © AFP

Le canon de 76 mm crache trois obus vers le ciel, faisant vibrer le plancher de la passerelle. "UAV détruit", lance, les yeux vissés à ses jumelles, un marin de la frégate Lorraine qui s'entraîne à la lutte antidrones et teste de nouveaux équipements.

Taille du texte:

Quelques instants plus tôt, c'était une cible représentant un drone de surface qui s'enfonçait lentement dans les flots de Méditerranée, criblée de balles de mitrailleuse 12,7 mm. "Tu lui as mis tempête, Tristan !", lancent les marins au jeune matelot de 20 ans pour son carton à 300 mètres.

Tirs contre drones de surface ou aériens, arrivant seuls ou en groupes, exercices de guerre électronique contre des avions figurant des drones ou missiles... Pendant cinq jours, cinq navires de la marine française ont conduit l'exercice Wildfire de lutte antidrones.

"On adapte nos modes d'actions et nos équipements par l'innovation", explique le pacha, le capitaine de vaisseau Laurent Toncelli.

Face à cette menace qui révolutionne tous les champs de la guerre, de l'Ukraine à la mer Rouge en passant par les opérations hybrides dans le ciel européen, la marine veut se moderniser au plus vite.

"Mieux vaut une réponse au besoin partielle mais rapide, qu'une réponse complète qui va arriver trop tard, voire si tard qu'elle sera obsolète", souligne l'ingénieur général de l'armement Frédéric Petit, conseiller innovation auprès de l'état-major marine, présent à bord.

- "Mieux voir la menace" -

Les nouveautés testées sur la Lorraine sont nichées dans un container aux couleurs de Naval Group installé à l'arrière, sur la plateforme hélicoptère, et hérissé d'antennes, radars et optiques, qu'il est interdit de photographier et de visiter. Une poignée d'industriels et des membres de la Direction générale de l'armement vont et viennent autour.

Avec ce matériel, "on explore la capacité de brouillage, on augmente la létalité de nos armes, notamment de petit calibre, et on intègre de l'optronique supplémentaire pour mieux voir la menace", résume le capitaine de vaisseau.

Les marins testent par exemple un nouveau système d'assistance au tir sur les deux canons de 20 mm Narwahl, téléopérés depuis la passerelle, qui répère plus vite et suit mieux les cibles. Quand le canon fonctionne, car il a connu plusieurs incidents de tir pendant que l'AFP était à bord.

Sur l'écran, des cases flanquées d'un chiffre apparaissent. "C'est le pourcentage auquel le système est sûr que c'est une cible", explique le second maître Baptiste, 21 ans, casque sur les oreilles pour écouter les ordres et consignes, et talkie-walkie a la main pour échanger en direct avec les industriels dans leur container. "Là, sur mes tirs, j'étais au-dessus, je leur ai dit".

- "Un coup de plein phares" -

Pour abattre les drones, "il y a deux moyens: à l'ancienne, comme à Pearl Harbor, qui consomme du monde et des munitions, et celui où on cherche finement dans la technique, parce qu'on veut que la première balle arrive dedans", explique le lieutenant de vaisseau François, 36 ans, responsable de l'artillerie, depuis le "central opération", le centre névralgique de la frégate.

La marine conjugue les deux approches: en plus d'accroître la précision, "on est en train de densifier notre capacité à dresser un mur d'acier. Depuis 2025, on a installé des mitrailleuses supplémentaires sur l'arrière de la frégate, et pendant cet exercice, on a testé des mitrailleuses bitubes encore plus performantes avec plus de munitions, une cadence plus élevée et de meilleures aides à la visée ", explique-t-il.

Outre cet accent mis sur la destruction à courte portée des drones, "la guerre électronique et le brouillage sont de bons moyens" pour les neutraliser plus loin, sans devoir tirer les très coûteux missiles Aster lovés dans la proue, explique l'ingénieur général de l'armement.

Le brouillage permet théoriquement de neutraliser plusieurs cibles en même temps, comme un essaim de drones.

"Le canon vise une cible seulement, nous on vise une zone", explique le second maître Kevin, opérateur de guerre électronique de 33 ans. "C'est comme un coup de plein phare dans les yeux en pleine nuit: vous êtes aveuglés, c'est pareil pour le drone".

(M.Dylatov--DTZ)

En vedette

"La Malaisie m'a volé 909 jours": le Français Tom Félix est arrivé à Paris

"Très fatigué" mais heureux, le Français Tom Félix, acquitté mardi au terme de son procès en Malaisie pour détention et trafic de stupéfiants, a atterri jeudi matin à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, après plus de 900 jours de détention et la menace d'une peine de mort.

Nucléaire: Pékin renvoie Russes et Américains dos à dos, l'Otan appelle à la retenue

La Chine a exclu de participer à des discussions sur l'arme suprême et l'Otan a appelé à la retenue jeudi, alors que le dernier traité de désarmement nucléaire liant Etats-Unis et Russie vient d'expirer, ravivant les craintes de prolifération.

L'Ukraine et la Russie entament la deuxième journée de pourparlers à Abou Dhabi

Les négociateurs ukrainiens et russes ont commencé jeudi une seconde journée de pourparlers sous l'égide des Américains à Abou Dhabi visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre sanglante en Ukraine.

Malgré son déclin, le plus puissant clan de Thaïlande entend se poser en faiseur de roi

Après l'emprisonnement de son fondateur Thaksin et la destitution de sa fille, l'omniprésente dynastie Shinawatra se dirige vers sa pire performance dans les urnes à l'élection législative de dimanche en Thaïlande. Mais le rôle de faiseuse de roi qui l'attend pourrait lui permettre de déjouer la série noire et continuer de peser, comme elle l'a fait ces vingt dernières années.

Taille du texte: