Deutsche Tageszeitung - Les agriculteurs passeront la nuit devant l'Assemblée malgré l'annnonce d'une "loi d'urgence agricole"

Les agriculteurs passeront la nuit devant l'Assemblée malgré l'annnonce d'une "loi d'urgence agricole"


Les agriculteurs passeront la nuit devant l'Assemblée malgré l'annnonce d'une "loi d'urgence agricole"
Les agriculteurs passeront la nuit devant l'Assemblée malgré l'annnonce d'une "loi d'urgence agricole" / Photo: © AFP

Une nuit dans leurs tracteurs: la FNSEA a annoncé rester jusqu'à mercredi matin devant l'Assemblée nationale malgré la "loi d'urgence agricole" promise par le Premier ministre dans la journée pour tenter de calmer la colère des agriculteurs.

Taille du texte:

"On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit", a déclaré mardi soir Damien Greffin, l'un des vice-présidents de la FNSEA, afin de "mener un dernier combat".

Entre la fatigue et la déception, le désarroi était palpable dans la soirée, dans les rangs des manifestants.

Ici, un groupe discute sur des tabourets improvisés en paille, au pied de leurs tracteurs ; là, un barbecue improvisé et du boudin grillé sur les quais de Seine, sous le regard amusé de joggeurs nocturnes.

- Déçus et fatigués -

Qu'est-ce que cela change d'y rester la nuit? "Peut-être rien. Sûrement rien, mais on espère quelques trucs quand même", dit à l'AFP Paul Dherouville, céréalier vers Saint-Lys (Occitanie).

"C'est une façon d'affirmer notre position, nos revendications. Partir maintenant, ce serait déposer les armes", confie-t-il à l'AFP sans savoir s'il monte dans son tracteur pour dormir ou reste dehors avec les autres profitant d'une nuit parisienne étonnamment clémente.

Portant un foulard "agriculteurs en colère", le chanteur Francis Lalanne est venu de Bruxelles se joindre au mouvement "par solidarité" et pour rendre hommage à ses "grands-parents agriculteurs".

Plus tôt dans la journée, Sébastien Lecornu a pourtant annoncé "une loi d'urgence agricole" portant sur "plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production".

"Ce texte sera inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l'été", a promis le Premier ministre.

"Ces annonces montrent que les propositions du réseau FNSEA résonnent auprès des décideurs publics", a indiqué le syndicat dans un communiqué tout en ajoutant que la mobilisation se poursuivait.

Parmi la base des délégations agricoles, beaucoup ont exprimé leur volonté de rester pour poursuivre les négociations et maintenir le rapport de force.

Devant ses troupes, le vice-président de la FNSEA a affirmé mardi soir vouloir "remonter au créneau" sur le "sujet de trésorerie, actuellement en discussion".

Mardi, Sébastien Lecornu a également affirmé qu'un "cap clair" sur la politique de l'eau serait par ailleurs "fixé d'ici le salon" de l'Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un "moratoire sur toutes les décisions relatives" à cette question de l'eau et la suspension des "textes fixant les volumes d'eau prélevables (...) jusqu'à septembre".

Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier "les possibilités de dérogation" à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d'engrais par les agriculteurs.

Cela s'ajoute à un paquet de "300 millions d'euros" annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d'autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.

- Divergences syndicales -

Les annonces de mardi répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien -qui va jusqu'au Pas-de-Calais- ont lancé leurs tracteurs sur Paris.

Entrés à l'aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s'établir devant l'Assemblée nationale, avec duvets et matelas.

Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants, ont stationné aux abords de l'Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde: cadeau aux Parisiens.

- "Noyer le poisson" -

 

La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X "la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations", en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.

"Le Premier ministre se moque des paysannes !!", a pour sa part dénoncé la Conférération paysanne dans un communiqué mardi soir en estimant que demander "une loi spéciale" revenait à "noyer le poisson".

Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi au Paraguay de l'accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d'une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.

bur-sb-mdz-cho-are-hrc-mca-neo/jbo/bfi

(B.Izyumov--DTZ)

En vedette

Trump reporte son ultimatum à l'Iran, le détroit d'Ormuz au menu du G7

Donald Trump a reporté de dix jours son ultimatum de frappes sur le secteur énergétique iranien, assurant que les discussions avec l'Iran, dont la capitale a été de nouveau fortement frappée vendredi matin par Israël, se "passent très bien".

L’Ukraine détruit les exportations russes de pétrole de la terreur

La campagne ukrainienne contre les infrastructures pétrolières russes s’est transformée en attaque directe contre l’une des artères économiques les plus sensibles de Moscou. Il ne s’agit pas de cibles symboliques, mais de nœuds logistiques par lesquels transite une part essentielle du brut russe destiné à l’exportation. La pression exercée sur Primorsk et Oust-Louga, les deux grands débouchés de la Baltique, est particulièrement lourde de conséquences, car ces terminaux concentrent une fraction majeure des expéditions maritimes. Si l’on y ajoute les répercussions de la perturbation autour de Novorossiisk, les difficultés dans le corridor de Druzhba sur le territoire ukrainien et la pression croissante sur des navires liés à la flotte fantôme russe, on obtient un tableau bien plus large qu’une succession d’incendies spectaculaires. Ce qui est visé, c’est l’ensemble de la chaîne d’exportation: stockage, chargement, acheminement maritime et, au bout du compte, rentrée de devises.Selon les estimations les plus récentes, près de 40 % de la capacité russe d’exportation de pétrole a, par moments, été perturbée ou temporairement mise hors service. Cela représente environ 2 millions de barils par jour qui n’ont pas atteint le marché comme prévu ou qui ont dû être réacheminés avec retard et à coût plus élevé. Pour le Kremlin, l’enjeu est considérable, car le pétrole n’est pas seulement une marchandise stratégique, mais aussi l’un des piliers des recettes de l’État. Quand un terminal s’arrête, que les navires attendent, que les cargaisons sont reprogrammées et que les risques logistiques et assurantiels augmentent, l’impact économique s’élargit, même si une partie des volumes finit par être exportée plus tard. Autrement dit, les frappes touchent précisément le secteur que la Russie s’efforce de préserver malgré les sanctions, les plafonds de prix et les voies de contournement.Ce qui rend l’approche ukrainienne particulièrement notable, c’est qu’elle semble viser moins un choc unique qu’une désorganisation opérationnelle répétée. Chaque frappe contre des installations portuaires, des systèmes de pompage, des réservoirs de stockage ou des chaînes de chargement peut provoquer des goulets d’étranglement très au-delà du point d’impact. Quelques jours de retard suffisent à modifier la rotation des tankers, le calendrier des exportations, les paiements et la planification de la production. Le fait qu’un site puisse parfois reprendre ses activités assez vite n’efface pas la vulnérabilité révélée par cette séquence. Moscou est contraint de redistribuer les volumes, de tester des itinéraires alternatifs et d’absorber davantage de risque à presque chaque étape. C’est un problème structurel pour un modèle d’exportation qui dépend fortement d’un nombre limité de hubs maritimes.

Trump repousse de nouveau son ultimatum dans la guerre contre l'Iran

Donald Trump a repoussé au 6 avril l'ultimatum posé à Téhéran avant d'éventuelles frappes contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions se passaient "très bien" malgré la défiance de la République islamique envers son plan pour mettre fin à la guerre.

Trois mois après sa capture, Maduro fait une brève apparition devant la justice

Le président vénézuélien déchu Nicolas Maduro est apparu souriant jeudi devant un tribunal de New York, où il n'a pas pris la parole, pour sa deuxième apparition publique depuis sa spectaculaire capture par les Etats-Unis.

Taille du texte: