Deutsche Tageszeitung - L'Espagne face aux questions après deux accidents ferroviaires majeurs en 48 heures

L'Espagne face aux questions après deux accidents ferroviaires majeurs en 48 heures


L'Espagne face aux questions après deux accidents ferroviaires majeurs en 48 heures
L'Espagne face aux questions après deux accidents ferroviaires majeurs en 48 heures / Photo: © AFP

Après la catastrophe d'Adamuz, qui a fait au moins 42 morts dimanche, un nouvel accident de train survenu mardi soir en Catalogne provoque interrogations et débat politique sur la sécurité du réseau, érodant encore un peu plus la confiance dans le système ferroviaire espagnol.

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En à peine 48 heures, l'Espagne, deuxième destination touristique au monde, a connu deux accidents majeurs, une première depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013, qui avait déjà bouleversé tout le pays.

Dernier incident en date, un train de banlieue en direction de Barcelone (nord-est) a heurté mardi les débris d'un mur de soutènement qui s'était effondré sur la voie près de la petite ville de Gelida à cause de fortes pluies.

Selon les Mossos, la police catalane, la personne tuée était un jeune homme né en 1998 qui "suivait une formation" à bord du train accidenté.

La circulation des trains restait "suspendue" mercredi matin dans la zone, selon le gestionnaire du réseau ferroviaire national Adif, qui a également mis en place des restrictions de vitesse sur un tronçon entre Madrid et Barcelone.

Ce nouvel accident survient alors que l'Espagne pleure ses morts, au deuxième jour d'un deuil national de trois jours, après une collision mortelle survenue dimanche à Adamuz, près de Cordoue.

Son bilan - au moins 42 morts et 37 personnes toujours hospitalisées, dont neuf en soins intensifs, selon les autorités régionales - n'est toujours pas définitif.

- "C'en est trop !" -

Ces deux incidents majeurs en 48H ont ravivé les critiques de l'opposition de droite contre le gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez, qui a promis lundi la "transparence absolue" sur la tragédie d'Adamuz.

"C'en est trop!", a tonné sur le réseau social X Alberto Núñez Feijóo, le chef de file du Parti populaire (droite), dont les équipes ont demandé "une clarification immédiate" sur l'état du réseau ferroviaire national.

"Les Espagnols ont aujourd'hui peur de monter dans un train", a tancé, de son côté, Pepa Millan, porte-parole au Congrès du parti d'extrême droite Vox, tandis que Junts, l'un des partis indépendantistes catalans, a déploré "des retards constants, des trains pleins, des pannes, des excuses et des accidents (...) Ça suffit".

Pressé de répondre, le ministre des Transports, Óscar Puente, a exhorté les représentants des conducteurs au "dialogue" et estimé que l'accident en Catalogne n'avait "rien à voir" avec le réseau, mais était plutôt lié à "des phénomènes météorologiques" ayant abouti à des "circonstances malheureuses".

- Enquête en cours -

A Adamuz, petite bourgade d'Andalousie (sud) qui accapare l'opinion publique depuis dimanche, les engins continuent de s'affairer, à la recherche d'éventuels dépouilles qui pourraient se trouver coincées dans les amas de ferraille.

Dimanche, les trois dernières voitures d'un train allant vers Madrid de l'opérateur privé Iryo - un groupe privé filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) - avaient déraillé et s'étaient déportées sur la voie d'à côté, heurtant violemment un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l'autre sens.

Les deux trains à grande vitesse, qui roulaient à plus de 200 km/h, transportaient au total plus de 500 passagers.

Les débats se concentrent désormais sur les causes de la collision, survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée.

Inauguré en 1992, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et est l'une des fiertés du pays.

L'Espagne dispose aujourd'hui de 4.000 kilomètres de voies ferrées de ce type, dans un secteur ouvert à la concurrence depuis cinq ans, après la fin du monopole de l'opérateur public, la Renfe.

(W.Budayev--DTZ)

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