Deutsche Tageszeitung - Taux d'intérêt de la Fed: un retour au statu quo se profile aux Etats-Unis

Taux d'intérêt de la Fed: un retour au statu quo se profile aux Etats-Unis


Taux d'intérêt de la Fed: un retour au statu quo se profile aux Etats-Unis
Taux d'intérêt de la Fed: un retour au statu quo se profile aux Etats-Unis / Photo: © AFP/Archives

La Réserve fédérale américaine (Fed) paraît prête mercredi à entamer 2026 comme elle a démarré 2025, au grand désarroi du président Trump: en laissant ses taux d'intérêt inchangés.

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Le deuxième et dernier jour de réunion de la banque centrale a démarré à 14H00 GMT, selon un porte-parole de l'institution. La Fed annoncera sa décision à 19H00 GMT et son président Jerome Powell prendra la parole 30 minutes plus tard pour l'expliquer.

Les investisseurs s'attendent à un maintien des taux à leur niveau actuel (entre 3,50% et 3,75%) après une petite série de baisses fin 2025, les responsables souhaitant se donner le temps de jauger l'impact de cette détente sur le marché du travail et l'inflation.

Un retour aux enjeux économiques de la politique monétaire donc, à peine plus de deux semaines après que M. Powell a pris la parole pour s'élever contre les pressions de la Maison Blanche, que l'institution avait jusqu'alors encaissées quasiment sans broncher.

Dans un message vidéo solennel le 11 janvier, Jerome Powell a révélé faire l'objet d'une procédure lancée par le ministère de la Justice pouvant aboutir à des poursuites pénales, concernant l'important coût des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington. Un "prétexte" selon M Powell qui a dénoncé une tentative d'intimider l'institution parce qu'elle ne suit pas "les préconisations du président" des Etats-Unis.

Donald Trump réclame depuis un an des taux d'intérêt beaucoup plus bas.

"Ce qui se passe, c'est que le gouvernement tente de résoudre un désaccord sur la politique monétaire en instrumentalisant le système judiciaire. C'est totalement irresponsable et indigne", cingle auprès de l'AFP Michael Strain, économiste au centre de réflexion conservateur American Enterprise Institute.

Il estime que cela compliquera la tâche de la personne qui sera désignée par Donald Trump pour prendre la suite de M. Powell, dont le mandat prend fin en mai.

"Ce sera plus difficile pour le prochain président (de la Fed) de convaincre les investisseurs" que l'institution continuera d'œuvrer "indépendamment des interférences politiques", dit-il.

Donald Trump veut une politique monétaire plus souple pour doper l'activité et réduire les coûts de financement de la dette publique. Selon lui, l'inflation n'est plus un problème.

Un baromètre sur le moral des consommateurs, publié mardi, montre pourtant que celui-ci est au plus bas depuis plus de dix ans, plombé par les questions de pouvoir d'achat - cela fait cinq ans que l'inflation est au-dessus de l'objectif de la Fed (2%).

- Dissensions -

La banque centrale a laissé ses taux inchangés une grande partie de l'année 2025, inquiète de voir les droits de douane mis en place par Donald Trump faire dérailler les prix.

Elle a fini par enclencher plusieurs baisses à partir de septembre, motivée par des créations d'emplois atones. Mais les divisions ont grandi en son sein, du fait de cette inflation qui résiste (en progression de 2,8% sur un an en novembre).

Michael Strain considère qu'un gel des taux est bienvenu, et même que la Fed a "probablement commis une erreur" l'an dernier en lâchant trop de lest à son goût. "Il me semble que le marché du travail est plus robuste que ce que pensent les gens de la Fed (...) et qu'il y a davantage de probabilité de voir l'inflation accélérer plutôt que ralentir" en 2026, poursuit-il, n'excluant pas que l'institution doive finir par relever ses taux pendant l'année.

La décision de la banque centrale risque une nouvelle fois de ne pas faire l'unanimité parmi les 12 votants.

Au moins un responsable devrait s'opposer à un statu quo: le gouverneur Stephen Miran récemment placé là par Donald Trump, qui a jusqu'ici toujours voté pour des baisses plus fortes que ses collègues (d'un demi-point de pourcentage plutôt qu'un quart de point).

Deux autres gouverneurs nommés par Trump pourraient s'opposer à la majorité, remarque auprès de l'AFP l'économiste pour l'assureur Nationwide, Kathy Bostjancic. Elle cite Michelle Bowman et Christopher Waller. Ce dernier fait partie des noms mis en avant par l'exécutif pour succéder à Jerome Powell.

(B.Izyumov--DTZ)

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