Deutsche Tageszeitung - L'Iran salue une position américaine "plus réaliste" sur le volet nucléaire

L'Iran salue une position américaine "plus réaliste" sur le volet nucléaire


L'Iran salue une position américaine "plus réaliste" sur le volet nucléaire

L'Iran a "prudemment" salué lundi les signes d'une position américaine "plus réaliste" sur la question nucléaire, à la veille de nouvelles discussions avec les Etats-Unis, cette fois à Genève.

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Parallèlement au volet diplomatique, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont entamé des manœuvres dans le stratégique détroit d'Ormuz, sous la supervision de leur chef Mohammad Pakpour, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

L'exercice, dont la durée n'a pas été précisée, a pour objectif de préparer les Gardiens "aux menaces sécuritaires et militaires potentielles" dans cette zone, par laquelle transite environ 20% de la production mondiale de pétrole.

Cette annonce intervient avant de nouveaux pourparlers prévus mardi en Suisse, sous médiation du sultanat d'Oman.

L'Iran et les Etats-Unis avaient renoué le dialogue le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, pour tenter d'éviter une intervention militaire américaine.

Au vu de ces discussions, "nous pouvons prudemment conclure que la position américaine sur la question nucléaire iranienne est devenue plus réaliste", a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, cité par l'agence de presse Irna.

- "Droit inaliénable" -

Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son "droit inaliénable" à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l'uranium, notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.

Donald Trump a multiplié les avertissements après la répression dans le sang des manifestations massives en janvier en Iran, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, notamment sur le programme nucléaire iranien.

"Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a insisté lundi le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur X, disant être à Genève "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable".

Il y a rencontré le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, pour "des discussions techniques approfondies", selon un message publié par ce dernier sur X.

Les inspecteurs de l'agence onusienne n'ont toujours pas pu se rendre sur les sites nucléaires visés par des frappes israélo-américaines en juin 2025, qui avaient stoppé net les précédents pourparlers entre Téhéran et Washington.

Côté américain, l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, "sont en route", a indiqué le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, en marge d'une visite lundi en Hongrie.

"Nous verrons ce qu'il en est. Nous espérons qu'il y aura un accord", a-t-il ajouté.

- Slogans anti-iraniens -

Des habitants de la capitale iranienne ont scandé dimanche des slogans anti-gouvernement depuis leurs fenêtres et leurs toits, au lendemain de vastes rassemblements contre la République islamique d'Iraniens vivant à l'étranger.

Washington a déployé d'importants moyens militaires dans la zone. Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Etats-Unis et Iran divergent sur la teneur de leurs nouvelles discussions.

L'Iran ne veut parler que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.

Sur le volet nucléaire, l'Iran s'est dit prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kg et dont le sort est incertain, si Washington levait les sanctions qui pénalisent l'économie iranienne.

"Le temps presse. Notre peuple subit la pression de sanctions oppressives, et la raison et la logique exigent qu'elles soit levées dès que possible", a souligné le porte-parole de la diplomatie, M. Baqaei.

Avant la guerre des 12 jours de juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, taux proche des 90% nécessaires pour fabriquer la bombe atomique.

(W.Budayev--DTZ)

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