Deutsche Tageszeitung - Après les "mensonges" de Trump, l'Iran se projette vers les pourparlers

Après les "mensonges" de Trump, l'Iran se projette vers les pourparlers


Après les "mensonges" de Trump, l'Iran se projette vers les pourparlers
Après les "mensonges" de Trump, l'Iran se projette vers les pourparlers / Photo: © AFP

Taxé par Donald Trump de "sinistres ambitions nucléaires", l'Iran a rejeté mercredi de "gros mensonges" tout en affichant son optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis à Genève.

Taille du texte:

Le président Massoud Pezeshkian parle de "perspective favorable", disant espérer sortir de "cette situation +ni guerre ni paix"+.

Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, en route pour la Suisse selon la télévision d'Etat, avait lui estimé la veille qu'un accord était "à portée de main", invoquant une "opportunité historique".

Téhéran a rejeté en bloc les allégations de Donald Trump, mardi dans son discours de politique générale devant le Congrès.

- "Guerre inévitable" -

Le dirigeant américain a accusé l'Iran d'avoir "développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et de chercher à en concevoir des plus puissants encore, capables "d'atteindre bientôt les Etats-Unis".

"Ils (...) poursuivent à l'heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires", a fustigé M. Trump, qui tente d'arracher un accord garantissant notamment que l'Iran ne se dote pas de l'arme atomique.

Téhéran se défend d'ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.

En cas d'échec de la diplomatie, les Etats-Unis ont menacé de frappes et ont d'ores et déjà déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe.

A Téhéran, les avis sont partagés sur l'issue des tractations.

Pour Habib, un commerçant de 47 ans qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, "la guerre est inévitable à 100%", l'Iran ne pouvant "en aucun cas" accepter les exigences américaines.

A l'inverse Mehdi, un vendeur de 58 ans, juge qu'il "n'y aura pas de guerre et que les négociations aboutiront". "Les Américains bluffent. Parce qu'ils ne peuvent rien faire", tranche-t-il.

- La "crédibilité" de Trump en jeu -

Pour l'analyste Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies (IISS), Donald Trump "semble s'être acculé lui-même". "A ce stade, la posture des forces est telle que si les Etats‑Unis se repliaient sans (accord), cela pourrait se faire au détriment de sa crédibilité", estime-t-il.

Dans son discours, le président américain a par ailleurs accusé le pouvoir iranien d'avoir tué 32.000 personnes dans la répression début janvier d'une vague inédite de contestation.

L'organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a elle recensé plus de 7.000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement bien plus élevé.

En Iran, des étudiants ont recommencé à protester après la reprise des cours samedi dans les universités de Téhéran. Le gouvernement leur a reconnu "le droit de manifester" mais les a avertis de ne pas franchir des "lignes rouges".

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l'AFP ont montré des étudiants brûler le drapeau de la République islamique et scander notamment "Mort au dictateur", en référence au guide suprême, Ali Khamenei.

(W.Novokshonov--DTZ)

En vedette

Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire

Les troupes fédérales éthiopiennes sont entrées samedi dans Mekele, capitale de l’État régional éthiopien du Tigré (nord), largement abandonnée plus tôt par les forces des autorités régionales rebelles qu'elles combattent depuis le 23 septembre, a indiqué à l'AFP une source humanitaire.

Espagne : manifestations monstres pour le logement, après le rejet des mesures du gouvernement

De gigantesques manifestations pour le logement ont rassemblé samedi des dizaines de milliers de personnes à Madrid et dans d'autres villes espagnoles, après le rejet par le parlement des mesures du gouvernement de Pedro Sanchez, qui pourrait convoquer des élections anticipées afin de sortir de la crise.

Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, qu'ils contrôlent, incendie sur un site saoudien d'Aramco

Les Houthis pro-iraniens ont affirmé que l'armée saoudienne avait mené samedi 26 raids aériens sur Sanaa, la capitale yéménite qu'ils contrôlent, tandis qu'un journaliste de l'AFP a vu flammes et fumée s'élever d'un site du géant pétrolier Aramco près de Ryad.

Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré

À la veille du premier tour d'une élection qui s'annonce serrée, le président brésilien de gauche Lula et son rival conservateur Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne samedi avec des bains de foule pour galvaniser leurs troupes.

Taille du texte: