Deutsche Tageszeitung - Guerre au Moyen-Orient: Lecornu défend les consommateurs et réunit les partis

Guerre au Moyen-Orient: Lecornu défend les consommateurs et réunit les partis


Guerre au Moyen-Orient: Lecornu défend les consommateurs et réunit les partis
Guerre au Moyen-Orient: Lecornu défend les consommateurs et réunit les partis / Photo: © AFP

Face à l'envolée des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient, Sébastien Lecornu a demandé mercredi des propositions pour protéger les consommateurs et réuni les partis politiques afin de faire un point de situation, tandis que certains distributeurs anticipent de fortes baisses dès cette semaine.

Taille du texte:

"Bonne nouvelle, les prix des carburants vont baisser nettement à la pompe dans les prochains jours", conséquence des "variations des cours des produits raffinés", a déclaré sur X mercredi le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher, en défendant une marge de distribution qui "n'a jamais été aussi faible".

Plus tôt dans la journée, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, avait annoncé "à peu près 30 centimes de baisse par litre" de carburant d'ici à vendredi, et prédit que cette baisse aurait aussi lieu chez ses concurrents, même si le prix de l'essence risque encore de "faire du yoyo" au gré ses soubresauts géopolitiques.

En l'occurence l’Union des Importateurs Indépendants Pétroliers (UIP), qui représente Auchan, Carrefour, Intermarché, Leclerc, et Système U, a promis de "répercuter cette baisse le plus rapidement possible"

Des gestes salués par le gouvernement, à quelques jours du premier tour des élections municipales.

Pour "protéger" les consommateurs, le gouvernement étudie un "plafonnement des marges" ou des mécanismes permettant de "lisser les hausses et les baisses" des prix, a détaillé le chef du gouvernement en Conseil des ministres, d'après son entourage.

- "Scénarios noirs" -

Sébastien Lecornu s'est en revanche dit opposé aux mesures "aussi démagogues qu'inutiles", comme la baisse de la TVA réclamée par le RN.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également ministre déléguée à l'Energie, a écarté un blocage des prix comme demandé par La France insoumise, qui porte un "risque de pénurie".

Mais si la crise "devait durer", le gouvernement est "prêt à faire évoluer les dispositions déjà prises", a assuré le Premier ministre, qui a reçu pendant deux heures mercredi après-midi les partis politiques pour les informer de "l'état de la menace et du positionnement de la France" face à la guerre sur les plans énergétique, militaire et diplomatique.

Près d'une cinquantaine de personnes, dont le chef d'état-major Fabien Mandon et plusieurs responsables du renseignement, ont participé à cette réunion à caractère confidentiel.

Le chef du gouvernement s'est engagé à organiser, après les municipales, un débat au Parlement sur ce conflit, conformément à l'article 50-1 de la Constitution.

Il a redit que la France n'était "pas en guerre" mais cherchait à protéger ses intérêts, et qu'il y avait toujours "une difficulté à jauger la situation et la durée du conflit", selon des propos rapportés par des participants. Les "scénarios noirs" que la France veut éviter sont une "prolifération nucléaire et balistique, le blocage du détroit d'Ormuz, une guerre civile au Liban" ou encore une "mutation du terrorisme".

- Contrôles -

En sortant, la patronne des Ecologistes Marine Tondelier n'a "pas senti que tout était mis en oeuvre pour sauver le multilatéralisme" et redemandé des "aides ciblées" face à la hausse des prix des carburants.

Pour le Parti socialiste, l'eurodéputée Nora Mebarek a dit soutenir "la démarche du gouvernement de respecter nos accords de défense" et renouvelé la demande de "chèques énergie" pour les plus vulnérables.

Une solution rejetée par Othman Nasrou (Les Républicains) pour ne pas "grever les finances publiques" tandis que son collègue et ancien ministre Jean-Louis Thiériot a salué un "moment de concorde nationale".

La cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a jugé "aberrant" de laisser "le marché décider" après que un déblocage massif, par les pays de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), de leurs réserves stratégiques de pétrole pour contrer l'envolée des prix.

Portés par le conflit qui paralyse le détroit d'Ormuz, voie de transport cruciale pour les hydrocarbures, les cours du pétrole ont repris leur hausse mercredi.

Afin d'éviter des hausses "abusives" des prix à la pompe, le gouvernement va poursuivre ses contrôles des stations-service. Quelque 5% des 513 contrôlées seront sanctionnées en raison d'"anomalies" sur l'affichage des prix, selon le ministre du Commerce Serge Papin.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a souhaité que les distributeurs de carburants, qu'il réunira jeudi matin, "corrigent" ces "anomalies" et que "les brebis galeuses rentrent dans le rang", et a appelé les consommateurs à "jouer la concurrence".

Plusieurs professions touchées seront reçues à Bercy: les agriculteurs jeudi matin, les pêcheurs vendredi, les transporteurs en début de semaine, puis les acteurs du tourisme.

bur-alh-ac-are/jmt/swi

(Y.Leyard--DTZ)

En vedette

En Espagne, concert de casseroles avant un vote clé sur le logement

Des centaines de manifestants ont organisé jeudi un concert de casseroles devant l'hôtel de ville de Madrid, comme dans plusieurs autres villes d'Espagne, pour réclamer l'adoption vendredi par le Parlement de mesures contre la crise du logement.

Le gouvernement présente son budget "de redressement" et s'attire les foudres des oppositions

Le gouvernement français a présenté jeudi son projet de budget 2027, avec l'ambition de "redresser" les finances publiques par une série de mesures d'économies, notamment sur les retraites, s'attirant les foudres des oppositions.

"À nous d'être à la hauteur" : début des débats sur la loi "intégrale" contre les violences sexuelles

"Les victimes et la société nous regardent" : L'examen de la proposition de loi "intégrale" contre les violences sexuelles et sexistes a démarré jeudi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, sous l'oeil vigilant des associations qui réclament des "moyens" à la hauteur des ambitions affichées.

Argentine : Macron et Milei veulent renforcer les liens économiques bilatéraux

Emmanuel Macron et son homologue argentin ultralibéral Javier Milei se sont retrouvés jeudi soir à l'Elysée pour renforcer les liens économiques entre les deux pays, au-delà des différends de fond sur le multilatéralisme et l'Europe, avec à la clé un investissement de près de 10 milliards de dollars du groupe français TotalEnergies en Argentine.

Taille du texte: