Deutsche Tageszeitung - "Pas de baguette magique": la difficile équation des prix du carburant

"Pas de baguette magique": la difficile équation des prix du carburant


"Pas de baguette magique": la difficile équation des prix du carburant
"Pas de baguette magique": la difficile équation des prix du carburant / Photo: © AFP

Les automobilistes vont-ils payer moins cher leur carburant à la pompe? La promesse de plusieurs distributeurs d'alléger la facture des Français a déjà du plomb dans l'aile jeudi matin avec la nouvelle remontée des cours du pétrole dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Taille du texte:

"Je ne connais pas (...) cette baguette magique qui permettrait de baisser les prix", a souligné jeudi matin l'un des représentants des distributeurs de carburants, reçus jeudi matin à Bercy.

"Ce que je souhaite, c'est qu'on puisse ensemble faire en sorte que l'impact de ce conflit intense soit aussi limité que possible (...) pour nos concitoyennes et nos concitoyens", a déclaré à l'ouverture de la réunion le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure.

Cette réunion intervient après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé mercredi à ses ministres de lui faire des "propositions pour mieux protéger les consommateurs des fortes volatilités des prix" à la pompe.

Elle se tient sur fond de nouvelle remontée des cours du pétrole: après avoir chuté mardi, en réaction aux déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre en Iran était "quasiment" finie, le prix du baril a de nouveau franchi jeudi le seuil symbolique de 100 dollars, toujours affecté par la fermeture du détroit d'Ormuz, axe névralgique pour le transport d'hydrocarbures.

Et ce, malgré l'annonce du déblocage de stocks stratégiques d'or noir par l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) .

Vers 07H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, s'affichait en hausse de 6,6% à 98,04 dollars.

Sébastien Lecornu avait notamment évoqué, selon des propos rapportés par son entourage, "des mesures réglementaires de +plafonnement des marges+ ou des +mécanismes permettant de lisser les hausses et les baisses des prix des carburants+".

Concernant le lissage des prix, "il faut savoir le faire et savoir le faire très rapidement, (...) ce n'est pas facile (...) parce que les marchés réagissent d'un jour à l'autre", a souligné sur TF1 Frédéric Plan, conseiller national de la Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage (FF3C).

Quant au plafonnement des marges, il serait "parfaitement inéquitable", selon lui, d'appliquer un même niveau de blocage pour tous les distributeurs car la marge "ne peut pas être la même" entre les stations de la grande distribution et "les stations du réseau secondaire (qui) font dix fois moins de volume".

La réunion rassemble l'ensemble des représentants de distributeurs de carburants, acteurs spécialisés comme de la grande distribution, en présence également du ministre du Commerce Serge Papin et de la ministre déléguée à l’Énergie et porte-parole du gouvernement Maud Brégeon.

Côté prix à la pompe, le litre de SP95-E10 coûtait jeudi 1,871 euro/l en moyenne selon un calcul réalisé par l'AFP à partir des données communiquées au gouvernement par 7.524 stations-service. Le SP98 coûtait 1,964 euro/l en moyenne sur 8.053 stations, et le diesel 2,032 euros/l en moyenne sur 9.535 stations.

- Prix "yoyo" -

En amont de la réunion, TotalEnergies a annoncé le maintien de son plafonnement du prix de l'essence à 1,99 euro le litre dans ses stations-service, mais relevé ce plafond à 2,09 euros pour le gazole.

Mercredi, le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher s'est dit "tributaire" des variations des cours des produits raffinés, quand la "marge de distribution (...) n'a jamais été aussi faible que dans la période".

Il a néanmoins assuré que "les prix des carburants (allaient) baisser nettement à la pompe dans les prochains jours".

Michel-Edouard Leclerc avait lui anticipé "à peu près 30 centimes de baisse par litre" de carburant à la pompe d'ici à vendredi, tout en prévenant que les prix allaient encore "faire du yoyo" selon les soubresauts géopolitiques.

"On espérait que les cours puissent diminuer pour, sur le marché français, enclencher la baisse progressivement sur les jours à venir. Malheureusement, ce matin, les cours augmentent à nouveau. Donc je ne connais pas cette martingale, cette baguette magique qui permettrait de baisser les prix", a souligné Frédéric Plan.

(V.Sørensen--DTZ)

En vedette

En Espagne, concert de casseroles avant un vote clé sur le logement

Des centaines de manifestants ont organisé jeudi un concert de casseroles devant l'hôtel de ville de Madrid, comme dans plusieurs autres villes d'Espagne, pour réclamer l'adoption vendredi par le Parlement de mesures contre la crise du logement.

Le gouvernement présente son budget "de redressement" et s'attire les foudres des oppositions

Le gouvernement français a présenté jeudi son projet de budget 2027, avec l'ambition de "redresser" les finances publiques par une série de mesures d'économies, notamment sur les retraites, s'attirant les foudres des oppositions.

"À nous d'être à la hauteur" : début des débats sur la loi "intégrale" contre les violences sexuelles

"Les victimes et la société nous regardent" : L'examen de la proposition de loi "intégrale" contre les violences sexuelles et sexistes a démarré jeudi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, sous l'oeil vigilant des associations qui réclament des "moyens" à la hauteur des ambitions affichées.

Argentine : Macron et Milei veulent renforcer les liens économiques bilatéraux

Emmanuel Macron et son homologue argentin ultralibéral Javier Milei se sont retrouvés jeudi soir à l'Elysée pour renforcer les liens économiques entre les deux pays, au-delà des différends de fond sur le multilatéralisme et l'Europe, avec à la clé un investissement de près de 10 milliards de dollars du groupe français TotalEnergies en Argentine.

Taille du texte: