Deutsche Tageszeitung - L'Iran et Israël échangent des frappes, tractations en coulisses au Moyen-Orient

L'Iran et Israël échangent des frappes, tractations en coulisses au Moyen-Orient


L'Iran et Israël échangent des frappes, tractations en coulisses au Moyen-Orient
L'Iran et Israël échangent des frappes, tractations en coulisses au Moyen-Orient / Photo: © AFP

L'Iran et Israël s'échangent drones et missiles mercredi sans le moindre répit malgré des propos américains sur un plan de paix, et des efforts de pays tiers pour sortir de la surenchère militaire en faisant passer des messages entre protagonistes.

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Des initiatives émergent pour sortir d'une guerre qui inquiète les chancelleries, met le feu au Moyen-Orient et que les marchés n'arrivent plus à décrypter.

L'ambassadeur d'Iran au Pakistan a démenti toute discussion avec Washington, malgré les affirmations du président américain. "Contrairement à ce qu'affirme Trump - aucune négociation, directe ou indirecte, n'a eu lieu jusqu'à présent entre les deux pays", a déclaré Reza Amiri Moghadam.

Il est "naturel que des pays amis soient toujours engagés dans des consultations avec les deux parties", a-t-il cependant admis.

Mercredi, la presse locale iranienne moquait les "mensonges" du locataire de la Maison Blanche, le quotidien conservateur Javan l'affichant en Une affublé du nez de Pinocchio.

La veille, Donald Trump avait assuré que des discussions visaient à mettre un terme au conflit, avec son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.

Et qui côté iranien ? Le mystère reste entier, d'autant que la République islamique dément les discussions. "Il y a une interrogation sur celui qui, dans le système iranien, tient réellement les rênes", note Guillaume Lasconjarias, professeur associé à l'université de la Sorbonne.

"Il est plus difficile de savoir qui a l'oreille de la direction depuis que celle-ci a été remplacée", confirme un diplomate en poste dans la région, sous couvert de l'anonymat.

Selon lui, l'objectif actuel est d'obtenir une trêve avant des discussions approfondies pour permettre aux deux parties de "revendiquer une victoire et sauver la face, quel que soit l'accord". Et d'ajouter : "il y a de l'espoir, mais il est trop tôt pour être optimiste".

- "Pré-négociations" -

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que Washington a proposé à l'Iran un plan de paix en 15 points par l'entremise du Pakistan, en bons termes avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent désormais un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés régionaux de l'Iran, comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien. Le plan insiste aussi sur l'ouverture du détroit d'Ormuz à la navigation.

En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales et un soutien pour son programme nucléaire civil. Un revirement par rapport aux propos de Donald Trump qui, début mars, exigeait une "capitulation sans condition" de l'Iran.

"On est dans des pré-négociations, on teste ce qui serait acceptable. Le plan américain définit ce que sont leurs objectifs politico-militaires", explique à l'AFP Guillaume Lasconjarias.

"Mais on est en dans une forme de dissociation stratégique. Les buts de guerre d'Israël et des Etats-Unis se sont écartés, ce qui rend la situation compliquée à suivre: qui fait la paix ? Qui continue la guerre ?".

- Un "très gros cadeau" -

L'Iran a lui affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage quasi total par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.

Pour atténuer l'impact de la guerre, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'est dit "prêt" à un nouveau déstockage de pétrole, après une demande en ce sens du Japon.

Mais les échanges de messages ne font pas taire les armes. D'autant que la presse américaine évoque l'envoi de 3.000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que contre deux bases militaires américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn.

Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile.

- "Sentiment d'impuissance" à Téhéran -

De son côté et comme les nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien" à Téhéran.

"Il n'y a pas de famine, tout est disponible. Les cafés sont ouverts et nous continuons à sortir", témoigne pour l'AFP Shayan, photographe de 40 ans. "Il y a de l'essence, de l'eau et de l'électricité. Mais nous ressentons tous un sentiment d'impuissance. Il n'y a vraiment rien que nous puissions faire".

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit dans trois raids sur le sud, considéré par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence de presse officielle libanaise Ani.

L'armée israélienne a ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah déjà massivement déserté après de lourdes frappes, d'évacuer en prévision de nouvelles actions militaires.

Depuis que le Liban s'est retrouvé aux prises à une nouvelle guerre sur son sol, après des attaques du Hezbollah contre Israël le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de 1.000 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

"Tout le monde a peur pour sa maison et sa terre, mais que pouvons-nous faire?", raconte à l'AFP Mustafa Ibrahim Al Sayed, 50 ans, à Tyr, dans le sud du pays. "Depuis 1978 (première invasion israélienne, NDLR), c'est la cinquième fois que je suis déplacé, j'ai passé toute ma vie en exil".

burx-dla/anb

(L.Barsayjeva--DTZ)

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