Démission d'un chef des renseignements après un scandale en Colombie
Un chef des services de renseignement de Colombie, Wilmar Mejia, a annoncé mardi sa démission après avoir été éclaboussé par un scandale lié à la fuite présumée d'informations au profit d'une guérilla en négociation de paix avec le gouvernement.
Haut fonctionnaire à la Direction nationale du renseignement (DNI), M. Mejia a été accusé d'avoir divulgué des informations ayant bénéficié à une faction dissidente des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), selon une enquête de la chaîne de télévision Caracol diffusée en novembre et fondée sur des conversations et des documents saisis.
La principale faction de la guérilla marxiste, aujourd'hui dissoute, a déposé les armes après la signature d'un accord de paix en 2016, mais des groupes dissidents opposés à cet accord continuent de s'affronter avec les forces de sécurité.
M. Mejía, qui a reçu le soutien du président de gauche Gustavo Petro, a nié les accusations et assure ne pas connaître le commandant, connu sous le nom de Calarcá, de ce groupe dissident d'extrême gauche qui aurait reçu ces informations durant les pourparlers avec les autorités.
Passé d'un diplôme en éducation physique à la direction du renseignement colombien, il a déclaré mardi à la chaîne Canal 1 qu'il avait présenté sa démission le 3 mars.
L'affaire a connu un nouveau rebondissement cette semaine après que la procureure générale, Luz Adriana Camargo, a affirmé que l'enquête avait établi des "faits très graves" liés aux révélations de Caracol.
A cinq mois de la fin de son mandat, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, a échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.
(G.Khurtin--DTZ)