Liban: deux fillettes tuées dans des frappes israéliennes, mort d'un soldat israélien
Deux fillettes ont été tuées et 40 personnes blessées par des frappes israéliennes sur le sud du Liban samedi, a annoncé le ministère de la Santé, Israël faisant pour sa part état d'un soldat mort "au combat" dans la région.
A Habbouche, village voisin de Nabatiyeh, principale ville méridionale, deux petites filles ont été tuées par une frappe israélienne qui a également blessée 22 autres personnes, a précisé le ministère.
L'armée israélienne a elle annoncé la mort "au combat" d'un soldat de 21 ans dans le sud du Liban, où elle a entamé une invasion terrestre disant vouloir neutraliser le Hezbollah pro-iranien.
Sur la côte, la ville de Tyr et ses environs a été visée par plusieurs bombardements dans la journée, dont l'un a, selon le ministère, endommagé un des principaux hôpitaux de la ville.
L'armée israélienne a notamment frappé trois immeubles dont elle avait ordonné l'évacuation plus tôt, selon l'Agence de presse officielle, Ani.
Un immeuble de cinq étages a été à moitié détruit, et un autre de 11 étages s'est effondré, selon un correspondant de l'AFP.
Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres israéliens répétés d'évacuation, qui ont jeté sur les routes des dizaines de milliers de personnes.
Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.
Les frappes israéliennes ont tué 1.422 personnes, dont 126 enfants, selon le dernier bilan officiel samedi, et fait plus d'un million de déplacés.
L'armée israélienne a elle perdu 11 soldats, incluant celui mort samedi.
- Un hôpital endommagé -
Plus tôt samedi, deux frappes ont quasi-détruit deux bâtiments proches de l'hôpital italo-libanais, dans le secteur d'Al-Houch à Tyr, selon un correspondant de l'AFP qui a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever des édifices touchés.
Ces bombardements israéliens ont fait 18 blessés, dont trois secouristes et un enfant, et endommagé l'établissement hospitalier, d'après un bilan actualisé du ministère de la Santé.
Le port de Tyr a aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme et endommagé des bateaux de pêche, selon le correspondant de l'AFP.
Plus à l'est, à Baraachit, une frappe a détruit la mosquée de la ville, a indiqué l'Ani.
- Ponts détruits -
A l'aube, plusieurs frappes israéliennes ont aussi visé la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'armée israélienne a assuré avoir frappé des "centres de commandements" de la section libanaise de la Force Qods - chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens - et avoir ciblé "deux quartiers généraux du Jihad islamique palestinien".
Elle a aussi de nouveau bombardé le pont qui relie Sohmor à Machghara, sur le fleuve Litani dans la Békaa (est), qu'elle avait visé vendredi soir, après un avertissement, disant vouloir empêcher "le transfert de renforts et d'armes" au Hezbollah.
Dans la localité méridionale de Chebaa, les troupes israéliennes ont enlevé un habitant à son domicile dans la nuit, a également indiqué l'Ani, sans précisions sur son sort.
Selon l'Agence, il s'agit du troisième enlèvement de ce type depuis le 2 mars.
Le Hezbollah a de son côté revendiqué avoir ciblé des villes frontalières du nord d'Israël, notamment Kiryat Shmona et Misgav Am, et des positions israéliennes au Liban.
Prise en étau dans le sud du pays, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait annoncé vendredi que trois Casques bleus avaient été blessés, dont deux grièvement, dans une explosion d'origine inconnue.
L'Indonésie a dénoncé une "attaque inacceptable", après que la représentation de l'ONU à Jakarta a confirmé que les blessés étaient Indonésiens.
Une source sécuritaire de l'ONU a de son côté indiqué à l'AFP samedi que l'armée israélienne avait détruit en 24 heures 17 caméras de surveillance du quartier général de la Finul à Naqoura.
(Y.Leyard--DTZ)