Deutsche Tageszeitung - L'Iran sous la pression de Trump, le chef des Renseignements des Gardiens de la Révolution tué

L'Iran sous la pression de Trump, le chef des Renseignements des Gardiens de la Révolution tué


L'Iran sous la pression de Trump, le chef des Renseignements des Gardiens de la Révolution tué
L'Iran sous la pression de Trump, le chef des Renseignements des Gardiens de la Révolution tué / Photo: © AFP

Le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution iraniens a été tué lundi dans une frappe israélienne, au moment où Washington accentue ses menaces sur l'Iran qui poursuit ses attaques contre Israël et le Golfe.

Taille du texte:

Le président Donald Trump a donné jusqu'à mardi 20H00 (00H00 GMT mercredi) à Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole, sans quoi il a promis à l'ennemi iranien de "vivre en enfer".

Les efforts diplomatiques se poursuivent malgré tout pour mettre fin à ce conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale à cause de la fermeture d'Ormuz.

Oman, qui borde le détroit avec l'Iran, a discuté de sa réouverture avec Téhéran, tandis que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, qui jouent un rôle de médiateur.

- "Bonnes chances" ? -

Mais Téhéran, qui a annoncé la mort du chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, a jusqu'ici démenti l'existence de négociations avec les Etats-Unis.

Le président américain avait lui évoqué auprès de médias américains de "bonnes chances" d'arriver à un accord, entre deux menaces.

Estimant avoir atteint les cibles militaires voulues, il parle désormais de s'en prendre, si le détroit d'Ormuz restait fermé, à des ponts et centrales électriques en Iran, qui a déjà essuyé des frappes sur des sites civils ces dernières semaines.

"Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues", a averti le porte-parole du commandement militaire iranien, tandis qu'un responsable des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a dénoncé de possibles "crimes de guerre".

Le président américain a prévu une conférence de presse à la Maison Blanche lundi à 13H00 (17H00 GMT) et devrait revenir sur l'opération de sauvetage en Iran d'un aviateur américain, "gravement blessé", selon lui.

- "Un par un" -

Sur le terrain, les frappes se poursuivent de part et d'autre.

Dans les pays du Golfe, frappés quotidiennement par l'Iran qui les accuse d'aider les Etats-Unis, le Koweït a dit avoir été visé par des missiles et des drones, faisant six blessés.

Plus au sud, les Emirats arabes unis ont fait état d'un blessé dans la chute de débris de drones interceptés.

Si Téhéran continue "de tirer en direction de civils en Israël, nous frapperons et détruirons les infrastructures iraniennes", a menacé le ministre de la Défense, Israël Katz.

Confirmant que l'armée avait visé le chef des renseignements des Gardiens, Majid Khademi, il a assuré qu'Israël continuerait à "traquer" les dirigeants iraniens "un par un".

L'armée israélienne, de son côté, a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes contre Téhéran.

Une installation gazière y a été endommagée par une frappe, privant momentanément une partie de la ville de gaz, selon la télévision d'Etat (Irib). L'université adjacente a également subi des dégâts.

Selon les médias iraniens, plusieurs attaques ont aussi eu lieu sur des quartiers résidentiels de Téhéran, où huit hôpitaux ont dû être évacués. L'agence de presse Tasnim a fait état de près de 30 morts dans plusieurs frappes dans le pays.

Au Liban, autre front qui paie un lourd tribut à la guerre, une frappe a de nouveau visé le sud de Beyrouth, après un avertissement israélien.

La veille, un bombardement à proximité de l'hôpital Rafic Hariri, le plus grand établissement médical public du pays, y avait fait au moins cinq morts, selon le ministère de la Santé.

Cette source avait également rapporté trois civils tués dans l'est de la capitale, où l'armée israélienne a dit avoir visé "une cible terroriste".

- Hausse des prix "inévitable" -

En Iran, les Gardiens de la Révolution ont déclaré qu'ils se préparaient à mettre en place des conditions de navigation à Ormuz, qui s'appliqueraient "en particulier aux Etats-Unis et à Israël".

Ils n'ont pas détaillé ces conditions, mais ces dernières semaines, des parlementaires iraniens avaient proposé d'imposer des droits de passage et des taxes aux navires dans le détroit.

Les tensions sur les prix de l'énergie se font toujours ressentir: tant le prix du baril de Brent que celui de WTI, les deux principales variétés d'or noir, évoluaient lundi autour de 110 dollars le baril, avec des répercussions bien au-delà du théâtre des hostilités.

AirAsia, plus grande compagnie low-cost d'Asie du Sud-Est basée en Malaisie, a annoncé une hausse des prix des billets "inévitable", tandis que les prix du gaz de pétrole liquéfié vont augmenter de 20% au Sri Lanka.

L'Indonésie a elle augmenté de 28% de la surcharge carburant et autorisé les compagnies aériennes à pratiquer jusqu'à 13% de hausse tarifaire sur les lignes intérieures.

En Egypte, un couvre-feu commercial a été imposé à 21 heures en semaine et 22 heures le week‑end.

"D'habitude, c'est à cette heure‑ci que le travail commence", soupire Ali Haggag, un vendeur devant sa boutique de vêtements soudainement silencieuse. "On a l'impression de revivre la période du Covid", dit-il en évoquant le confinement sanitaire de 2020.

burx-cgo/vl

(W.Uljanov--DTZ)

En vedette

AirAsia monte ses prix et réduit ses liaisons pour amortir l'effet de la guerre au Moyen-Orient

La plus grande compagnie aérienne à bas prix d'Asie du Sud-Est, AirAsia, a annoncé lundi augmenter le prix de ses billets jusqu'à 40% et réduire ses liaisons afin d'amortir l'effet de la guerre au Moyen-Orient, tout en soulignant que la demande de vols reste forte.

Boutcha : quand les meurtriers russes sont arrivés...

Il y a quatre ans, le 31 mars 2022, les troupes ukrainiennes ont libéré la ville de Boutcha, près de Kiev, de l'occupation russe. Ce qu'elles ont découvert a bouleversé le monde : des cadavres gisaient dans les rues, des fosses communes ont été découvertes dans les arrière-cours. Des centaines de civils avaient été enlevés, torturés et abattus pendant les quelque quatre semaines d’occupation.Les enquêteurs ont constaté que de nombreuses victimes avaient les mains liées et présentaient des blessures par balle à la tête. Une mission de l’ONU a documenté des dizaines d’exécutions sommaires et d’assassinats extrajudiciaires de personnes non armées. Amnesty International a parlé d’exécutions ciblées et de violences atroces. Ces crimes sont considérés comme des crimes de guerre. Roman Andreïevitch Roudénko, procureur général de l’URSS et procureur principal soviétique lors du procès de Nuremberg contre les principaux criminels de guerre de la Seconde Guerre mondiale, se retournerait dans sa tombe, car c’est Roudénko qui, il y a tant de décennies à Nuremberg, avait exigé : « Il ne doit plus jamais y avoir de guerre accompagnée d’atrocités effroyables », des atrocités que commet aujourd’hui la soldatesque russe et qui font que la Russie est considérée comme un État terroriste antisocial et un paria parmi les États démocratiques.À l’occasion du quatrième anniversaire de la libération, des représentants du gouvernement ukrainien ont rendu hommage aux victimes aux côtés de diplomates et de ministres des Affaires étrangères de l’UE. Ils ont souligné qu’il ne pouvait y avoir de paix sans justice. La cheffe du gouvernement estonien a rappelé qu’il n’y avait « pas d’exemple plus flagrant de la cruauté de la Russie » et le président ukrainien a insisté sur le fait que les coupables devaient être traduits en justice. L’UE a imposé des sanctions à l’encontre de hauts responsables militaires russes et réclame la création d’un tribunal spécial. La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et la déléguée russe à l’enfance pour la déportation illégale d’enfants ukrainiens.Les atrocités systématiques commises à Boutcha ne sont pas une exception. Des organisations de défense des droits de l’homme rapportent que les forces armées russes, dans d’autres territoires occupés, abattent, maltraitent et enlèvent des civils de manière arbitraire.Dans le même temps, le criminel de guerre et génocidaire Vladimir Poutine (73 ans) a intensifié la répression dans son propre pays par le biais de son appareil de pouvoir mis au pas : les détracteurs sont qualifiés d’« agents étrangers », les médias et les ONG sont interdits, les droits des minorités sont restreints. Selon Human Rights Watch, le nombre de prisonniers politiques a dépassé le millier, tandis que les autorités étendent la censure et la surveillance.

Fraude aux aides agricoles en Grèce: Mitsotakis demande au parquet européen d'agir "sans délai"

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a demandé lundi au parquet européen d'engager "sans délai" d'éventuelles poursuites contre des députés, dont il a demandé la levée de l'immunité parlementaire dans le cadre d'une enquête sur une fraude présumée aux aides agricoles de l'UE.

Vietnam: le Parlement se réunit pour entériner les nouveaux dirigeants de l'Etat

Le Parlement vietnamien a réélu lundi à sa tête Tran Thanh Man pour un second mandat, à l'ouverture d'une session parlementaire qui doit aussi confirmer la nomination des principaux dirigeants de l'Etat, notamment le Premier ministre choisi par le Parti communiste mais pas encore annoncé.

Taille du texte: