Deutsche Tageszeitung - Après quatre ans de calvaire en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris de retour en France

Après quatre ans de calvaire en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris de retour en France


Après quatre ans de calvaire en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris de retour en France
Après quatre ans de calvaire en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris de retour en France / Photo: © AFP/Archives

Cécile Kohler et Jacques Paris sont attendus mercredi matin à Paris, où ils retrouveront leurs proches après près de quatre ans de calvaire en Iran où ils ont été condamnés et emprisonnés pour espionnage.

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Ces deux enseignants, âgés respectivement de 41 ans et 72 ans, sont arrivés mardi à Bakou, en Azerbaïdjan, sous convoi diplomatique depuis l'ambassade de France à Téhéran où ils étaient assignés à résidence depuis cinq mois, selon l'entourage du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

Ils doivent arriver dans la matinée en France "où ils seront accueillis par leurs familles et par leurs proches", a affirmé mardi soir sur France 2 M. Barrot.

"Je n'ai pas de doute que le président de la République voudra les accueillir lui aussi", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron, qui s'est entretenu avec les deux ex-détenus, a annoncé leur libération mardi après-midi, évoquant "un soulagement pour nous tous" et remerciant notamment les "autorités omanaises pour leurs efforts de médiation".

"Nous sommes très émus. Nous attendons leur retour en France pour les serrer dans nos bras", a pour sa par déclaré à l'AFP Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris, tandis que Thierry Moser, avocat du comité de soutien de Cécile Kohler et Jacques Paris, s'est dit "fou de joie".

La classe politique a unanimement salué leur libération définitive.

Cécile Kohler, une professeure de lettres, et Jacques Paris, enseignant retraité, avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d'un voyage touristique en Iran.

Emprisonnés notamment dans la sinistre prison d'Evine, ils avaient été condamnés en octobre 2025 à respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage, avant d'être remis en liberté le 4 novembre dernier mais avec l'interdiction de quitter la République islamique d'Iran.

- "Effort de longue haleine" -

Les différents ministres français des Affaires étrangères avaient travaillé sans relâche pour obtenir leur libération, dans un contexte rendu encore plus difficile ces dernières semaines par la guerre en Iran, qui a éclaté le 28 février.

Leur libération est l'aboutissement d'un "effort de très longue haleine", selon l'Elysée qui a rappelé qu'Emmanuel Macron "a été le premier chef d'Etat occidental à s'entretenir avec le président iranien" Massoud Pezeshkian après le début de la guerre.

"A chaque appel, il a réitéré de manière extrêmement claire nos attentes", selon la présidence française.

Pour Paris, le temps pressait alors que le président américain Donald Trump a lancé mardi un nouvel avertissement envers Téhéran, menaçant le pays d'un anéantissement total.

Selon une source dans l'entourage de M. Barrot, "ce qui a permis d'obtenir leur libération, c'est la situation actuelle": "Les Iraniens ont intégré cet élément dans l'équation et cela a été probablement décisif dans leur libération mais la dynamique était enclenchée."

"S'il était arrivé quelque chose de dramatique à nos compatriotes, la réaction aurait été vive", a-t-elle ajouté.

- Monnaie d'échange -

Cécile Kohler et Jacques Paris ont quitté l'ambassade à Téhéran mardi "à l'aube" en compagnie de l'ambassadeur de France. Celui-ci restera hors d'Iran pour le moment mais l'ambassade reste ouverte, selon une source ayant connaissance du dossier.

Le pouvoir de Téhéran avait évoqué ces derniers mois un échange - jamais confirmé par Paris - en contrepartie de la remise en liberté d'une Iranienne, Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025 et condamnée notamment d'apologie du terrorisme.

Son assignation à résidence a été levée, a annoncé mardi son avocat Nabil Boudi, quelques heures après l'annonce que les deux Français ont quitté l'Iran.

Interrogé sur une éventuelle contrepartie à leur libération, Jean-Noël Barrot a évoqué des "discussions sensibles, par nature confidentielles et qui doivent le rester" mais assuré qu'"en aucun cas et d'aucune manière, nous n'avons mêlé le sort de nos otages avec les choix de politique étrangère de la France".

L'Iran multiplie les arrestations de ressortissants occidentaux, les accusant le plus souvent d'espionnage, afin de les utiliser comme monnaie d'échange pour relâcher des Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou afin d'obtenir des gages politiques.

Au plus fort de la crise des "otages d'Etat" avec Paris, Téhéran a détenu jusqu'à sept ressortissants français simultanément. Il n'y en désormais plus.

(U.Beriyev--DTZ)

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