Deutsche Tageszeitung - A Téhéran, des habitants soulagés par le cessez-le-feu mais divisés

A Téhéran, des habitants soulagés par le cessez-le-feu mais divisés


A Téhéran, des habitants soulagés par le cessez-le-feu mais divisés
A Téhéran, des habitants soulagés par le cessez-le-feu mais divisés / Photo: © AFP

Certains crient victoire et se disent prêts à une reprise de la guerre pour défendre l'Iran. D'autres craignent que le pouvoir ne sorte renforcé du conflit. Mais tous soufflent à Téhéran après l'annonce d'un cessez-le-feu avec les Etats-Unis.

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"Tout le monde a l'esprit tranquille maintenant, nous sommes plus détendus", confie mercredi à l'AFP Sakineh Mohammadi, femme au foyer de 50 ans, se disant "fière de (sa) patrie".

La veille encore, le président américain Donald Trump menaçait d'éradiquer "une civilisation entière". De quoi provoquer une "crise de nerfs" chez Simin, après plus d'un mois de bombardements.

"Je ne sentais plus mes jambes ni mes bras", raconte à l'AFP cette enseignante d'anglais de 48 ans, au corps encore meurtri de "douleur".

"Nous avons été terrifiés au plus profond de nous-mêmes (...) Le choc et la pression psychologique ont été si intenses que même maintenant, on ne sait pas si on doit se sentir soulagés par la trêve ou pas".

Pour ceux qui sont restés, la nuit a été courte et anxieuse, les yeux rivés sur les derniers développements à la télévision. Jusqu'à l'annonce par Donald Trump d'un report de deux semaines de son ultimatum, tombée en pleine nuit en Iran.

- "Puissance militaire" -

Depuis, les bombes se sont tues et la capitale iranienne a des allures de jour férié. De nombreux commerces sont fermés, des terrasses sont prises d'assaut dans les quartiers cossus et les embouteillages légendaires de Téhéran ont de nouveau disparu.

Tout comme beaucoup des postes de contrôle tenus par des hommes armés, qui s'étaient multipliés en ville ces dernières semaines. Les forces de sécurité se font également plus discrètes.

Seuls restent des barrières et des panneaux de signalisation mis sur le bas-côté. Et des bâtiments détruits ou éventrés, ainsi qu'un aéroport fermé, d'où se dégage une odeur de brûlé.

Sur la façade d'un immeuble, des portraits géants du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini, et son successeur, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre, surplombent un champ de ruines.

Malgré les milliers de morts et les dégâts subis, Behrouz Ghahramani dit n'avoir "pas peur" de l'ennemi américano-israélien: si la guerre reprend, "nous les attaquerons de nouveau".

"C'est nous qui avons imposé ce cessez-le-feu aux Etats-Unis en faisant la démonstration de notre puissance militaire", assure cet employé de 67 ans, vantant l'histoire plurimillénaire de l'Iran.

"Nous sommes des héros (...), nous avons tenu tête à la superpuissance mondiale", s'enflamme également Mohammad Reza Hayatloo, 53 ans, qui tient un bureau de change.

Mais pour ceux qui espéraient un changement de pouvoir, l'inquiétude domine. Et si la guerre se terminait et que la République islamique restait en place, "sans bénéfice pour le peuple" ?, s'interroge Armin, 35 ans.

(P.Tomczyk--DTZ)

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