Deutsche Tageszeitung - Pas-de-Calais: quatre migrants se noient lors d'une tentative de traversée

Pas-de-Calais: quatre migrants se noient lors d'une tentative de traversée


Pas-de-Calais: quatre migrants se noient lors d'une tentative de traversée

Un deuxième drame migratoire en dix jours: deux hommes et deux femmes sont morts noyés jeudi matin lors d'une tentative de traversée clandestine de la Manche, "emportés" par les courants dans le secteur d'Equihen-Plage (Pas-de-Calais).

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Ces quatre personnes "ont tenté de monter à bord d'un taxi-boat" et "les courants, qui peuvent être dangereux ici, les ont emportés", a déploré le préfet du département François-Xavier Lauch lors d'un point-presse sur place.

Les quatre personnes décédées sont des adultes, a précisé à son côté la procureure de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier. Les nationalités des victimes n'étaient pas encore connues dans l'immédiat.

Une autre personne victime d'hypothermie a été prise en charge par les secours en urgence relative, selon le préfet. Deux enfants ont aussi été "conduits à l'hôpital par précaution", a précisé la préfecture dans un communiqué ultérieur.

 

Le bateau "a continué son chemin" avec "à peu près une trentaine de personnes" à bord, selon la procureure.

Son parquet a ouvert une enquête, confiée à la gendarmerie maritime et à l'Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim).

Ce drame "confirme, si besoin en était, le caractère parfaitement criminel" des organisations de passeurs qui, "pour s'enrichir (...), organisent ces passages, exploitant la misère et la détresse" des migrants souhaitant rejoindre l'Angleterre, a estimé Mme Gressier.

La responsabilité de ce nouveau drame revient aux passeurs et "c'est le coeur de notre action que de démanteler les réseaux de passeurs", a insisté le préfet.

"Les gendarmes ne sont pas intervenus pour empêcher le départ", a-t-il souligné.

- Moyens de sauvetage "à questionner" -

Selon le maire d'Equihen-Plage, Christian Fourcroy, ce drame s'est déroulé vers 07H00 du matin.

Une équipe de l'AFP sur place a constaté un important déploiement de véhicules de pompiers, ainsi que des voitures de la gendarmerie, du Samu et de la protection civile.

Une trentaine de migrants n'ayant pas pu embarquer dans le canot pneumatique ont été pris en charge sur la plage, recevant des couvertures de survie pour se réchauffer. Ils ont ensuite été transférés en bus vers un centre d'accueil.

Il s'agit du deuxième drame de ce type depuis le début de l'année à la frontière franco-britannique: le 1er avril, deux autres migrants sont morts lors d'un de ces embarquements par taxi-boat, risqués et souvent chaotiques, près de Gravelines (Nord).

Angèle Vettorello, coordinatrice de l'association d'aide aux migrants Utopia 56 à Calais, a critiqué jeudi le "dimensionnement" du dispositif de sauvetage en mer déployé par l'Etat.

"Quand on voit aujourd'hui que la plupart des décès à la frontière surviennent dans cette bande de 300 mètres en mer, il faut questionner ce dispositif de sauvetage. Est-ce qu'il est suffisant ? Est-ce qu'il y a assez de bateaux qui sont capables d'intervenir dans des zones avec du bas-fond ? Pour l'instant on n'a pas l'impression que ce soit le cas", a-t-elle déclaré à l'AFP.

En 2025, au moins 29 migrants ont péri en mer dans la région, selon un comptage AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Près de 5.000 migrants ont rejoint l'Angleterre à bord de ces embarcations de fortune depuis le 1er janvier, selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur britannique.

L'immigration clandestine depuis le littoral du nord de la France vers l'Angleterre constitue un point de friction récurrent dans les relations entre Paris et Londres.

Sous la pression du Royaume-Uni, la France a changé en fin d'année sa doctrine d'intervention pour permettre d'intercepter en mer les taxi-boats. Mais ces interceptions sont très rares pour le moment, certaines conditions devant être réunies pour ne pas mettre en danger les vies humaines.

Londres souhaiterait que sa contribution financière pour la sécurisation de la frontière par les autorités françaises soit conditionnée à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations plus élevé, selon plusieurs médias.

"Chaque décès dans la Manche est une tragédie et un rappel brutal des dangers posés" par les réseaux de passeurs, a réagi jeudi le gouvernement britannique au sujet du drame d'Equihen-Plage, promettant aussi de "continuer de travailler sans relâche" avec la France pour lutter contre ces traversées clandestines.

cor-cln-kau-ctx/etb/hdz

(T.W.Lukyanenko--DTZ)

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