Deutsche Tageszeitung - L'isolationniste JD Vance chargé par Trump de mettre fin à la guerre avec l'Iran

L'isolationniste JD Vance chargé par Trump de mettre fin à la guerre avec l'Iran


L'isolationniste JD Vance chargé par Trump de mettre fin à la guerre avec l'Iran
L'isolationniste JD Vance chargé par Trump de mettre fin à la guerre avec l'Iran / Photo: © POOL/AFP

JD Vance ne voulait pas de la guerre en Iran. Le vice-président américain est désormais chargé d'y mettre fin.

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Envoyé par Donald Trump, il doit se rendre au Pakistan pour y lancer une session de négociations avec comme objectif de transformer le très fragile cessez-le-feu de deux semaines en un accord de paix de long terme.

L'ambitieux homme politique de 41 ans s'extrait ainsi de semaines discrètes sur la guerre au Moyen-Orient pour endosser ce qui est sans doute le rôle le plus important de sa jeune carrière.

Bien placé dans la course pour succéder à Donald Trump lors de l'élection de 2028, JD Vance risque cependant de buter sur un noeud diplomatique à Islamabad.

"Je ne vois pas de cas où le vice-président a déjà mené des négociations officielles de cette manière", estime auprès de l'AFP Aaron Wolf Mannes, maître de conférences à l'université du Maryland. "C'est quelque chose de très risqué, mais avec peut-être une forte récompense" à la clé, ajoute-t-il.

JD Vance a construit sa carrière politique sur un isolationnisme forcené, déterminé à ne plus engager les Etats-Unis dans une guerre à l'étranger, comme celle en Irak où il a combattu.

Il est dans une position délicate depuis le déclenchement des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février, évitant les prises de parole et réussissant à être loin, en Hongrie, quand l'accord de cessez-le-feu a été annoncé mardi.

Le New York Times a rapporté cette semaine qu'il était, dans les semaines précédant les premiers bombardements, l'une des rares voix à s'opposer auprès du président à une intervention américaine, estimant que cela pourrait déclencher un embrasement régional et fracturer l'électorat de Donald Trump.

Il est désormais au centre de l'effort diplomatique pour mettre fin au conflit avec Téhéran. "J'étais beaucoup au téléphone", a-t-il dit à la presse en partant de Hongrie.

JD Vance a joué "un rôle très important, central" dans les discussions, "et ce depuis le début", a insisté la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt en annonçant sa venue samedi à Islamabad.

- Concurrence politique -

Le vice-président américain sera accompagné au Pakistan de l'émissaire Steve Witkoff et du gendre du président Jared Kushner, tous deux habitués à ce type de discussions.

"Le président est optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord susceptible de déboucher sur une paix durable au Moyen-Orient", a déclaré une porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Les Iraniens pourraient préférer JD Vance que d'autres responsables américains: il a tenu un discours plus accommodant quand il a déclaré mercredi qu'il y avait pu avoir "un réel malentendu" de la part de l'Iran sur l'inclusion ou non du Liban dans le cessez-le-feu, alors que les frappes israéliennes frappaient Beyrouth.

Mais il n'a pas toujours été aussi diplomatique.

Critique de longue date du soutien américain à l'Ukraine, c'est lui qui avait déclenché une attaque en règle contre Volodymyr Zelensky lors d'une visite officielle du président ukrainien à la Maison Blanche.

En Hongrie cette semaine, à l'approche d'élections, il est venu défendre son allié de droite Viktor Orban tout en s'en prenant aux interférences étrangères sur la scène politique hongroise.

Ce catholique converti sait aussi se montrer dans un rôle diplomatique plus traditionnel, comme l'ont montré de récentes visites en Arménie et en Azerbaïdjan.

Mais sa position de vice-président est forcément délicate, coincé entre une proximité avec Donald Trump - qu'il remplacerait immédiatement en cas de décès ou de départ soudain - et la nécessité de s'en émanciper pour préparer son avenir politique.

Son déplacement au Pakistan arrive alors que se dessine un duel pour la succession de Donald Trump entre le secrétaire d'Etat Marco Rubio et lui.

"S'il parvient à trouver une solution qui permette de masquer le problème sans s'attaquer aux véritables enjeux, cela suffira probablement", reprend l'universitaire Aaron Wolf Mannes.

"Mais si rien de bon n'en ressort", ajoute-t-il, "cela soulèvera des questions quant à ses compétences, ce qui ne va pas l'aider sur le plan électoral. Et bien sûr, Rubio est là, prêt à devenir un rival potentiel pour 2028."

(U.Stolizkaya--DTZ)

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