Deutsche Tageszeitung - Xi Jinping loue l'amitié "invincible" de Pékin et Pyongyang, avant sa visite en Corée du Nord

Xi Jinping loue l'amitié "invincible" de Pékin et Pyongyang, avant sa visite en Corée du Nord


Xi Jinping loue l'amitié "invincible" de Pékin et Pyongyang, avant sa visite en Corée du Nord
Xi Jinping loue l'amitié "invincible" de Pékin et Pyongyang, avant sa visite en Corée du Nord / Photo: © AFP/Archives

Le président chinois Xi Jinping a loué l'amitié "invincible" entre Pékin et Pyongyang avant d'entamer lundi une visite en Corée du Nord, où il doit rencontrer Kim Jong Un et réaffirmer l'influence de son pays en pleine recomposition des équilibres mondiaux.

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La première visite d'un chef d'Etat chinois en Corée du Nord depuis 2019, intervient peu après que Xi Jinping a reçu tour à tour en mai le dirigeant américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine, et sur fond de rapprochement récent entre Pyongyang et Moscou.

La Chine est un soutien diplomatique, économique et politique essentiel pour la Corée du Nord, soumise à de multiples sanctions de l'ONU contre ses programmes nucléaires et balistiques.

"Peu importe l'évolution des temps ou la façon dont la situation internationale se transforme, l'amitié traditionnelle entre la Chine et la Corée du Nord est toujours invincible", a déclaré Xi Jinping en une du Rodong Sinmun, le journal du parti nord-coréen au pouvoir.

Sa visite qui durera jusqu'à mardi intervient au moment où les discussions entre Pyongyang et Washington au sujet du programme nucléaire nord-coréen sont au point mort.

Mi-mai, la Maison Blanche a assuré que le président américain Donald Trump et Xi Jinping avaient "confirmé leur objectif commun de dénucléariser la Corée du Nord", lors d'un sommet à Pékin.

Mais à la veille de la venue de Xi Jinping, l'influente soeur de Kim Jong Un, Kim Yo Jong, a répété qu'il était hors de question d'abandonner l'arme atomique.

- "Privilégier la stabilité" -

Dans l'article du Rodong Sinmun, le président Xi a appelé à "renforcer la communication et la coopération" entre les deux pays et à "préserver conjointement" un ordre mondial centré sur l'ONU et le droit international.

Face à des Etats-Unis de plus en plus imprévisibles depuis le retour de M. Trump, et concentrés sur le conflit au Moyen-Orient ces derniers mois, de nombreux dirigeants ont consolidé leurs alliances avec la Chine.

La Corée du Nord est toutefois le seul pays lié à Pékin par une alliance militaire officielle et contraignante.

"La Chine a toujours privilégié la stabilité et doit actuellement gérer ses relations et ses différends avec les Etats-Unis", rappelle à l'AFP Minseon Ku, professeure de diplomatie à l'université DePaul aux Etats-Unis.

Selon elle, "Pékin a probablement déjà accepté la Corée du Nord comme puissance nucléaire", mais Xi Jinping "dira probablement à Kim que la Chine veut la stabilité plus que tout".

Seong-Hyon Lee, de la Fondation George H. W. Bush pour les relations sino-américaines, estime également que Pékin opère un virage vers le "soutien à la durabilité du régime", plutôt que la dénucléarisation.

- Kim renforcé -

Depuis l'échec du sommet Kim-Trump en 2019, faute d'accord sur la dénucléarisation et les sanctions, la Corée du Nord a déclaré "irréversible" plusieurs fois son statut de puissance atomique.

Donald Trump s'est dit prêt à revoir Kim Jong Un, qu'il a rencontré trois fois lors de son premier mandat, mais son dernier appel du pied en octobre n'a pas reçu de réponse.

Le déplacement de M. Xi se produit par ailleurs alors que Kim Jong Un s'est considérablement rapproché de Moscou, envoyant des milliers de soldats soutenir les forces russes contre l'Ukraine.

L'année dernière, M. Kim est apparu aux côtés de MM. Xi et Poutine lors d'un grand défilé militaire à Pékin, montrant un statut renforcé sur la scène politique mondiale.

Certains analystes pensent que ce sommet pourrait être, pour M. Xi, une manière de contrer l'influence croissante de la Russie sur la Corée du Nord.

Bien que, "globalement, Moscou ne soit pas une grande puissance comme la Chine", selon Mme Ku. "Les rapports de force entre Moscou et Pyongyang sont plus équilibrés qu'entre Pékin et Pyongyang: Moscou a besoin de Kim pour sa guerre en Ukraine autant que Kim a besoin du partage de technologies et de nourriture en provenance de Russie".

(V.Sørensen--DTZ)

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