Deutsche Tageszeitung - Séismes au Venezuela: déjà 1.450 morts, peu d'espoirs de retrouver des survivants

Séismes au Venezuela: déjà 1.450 morts, peu d'espoirs de retrouver des survivants


Séismes au Venezuela: déjà 1.450 morts, peu d'espoirs de retrouver des survivants
Séismes au Venezuela: déjà 1.450 morts, peu d'espoirs de retrouver des survivants / Photo: © POOL/AFP

Les espoirs des équipes de secours de retrouver des survivants s'amenuisent et la patience des habitants est mise à rude épreuve au Venezuela lundi, après les deux puissants séismes qui ont plongé plusieurs zones du pays dans la désolation, faisant au moins 1.450 morts.

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Des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues et 774 immeubles ont été touchés mercredi par des séismes successifs de magnitude 7,2 et 7,5. Un drame qui frappe un pays en proie depuis des années à une grave crise économique et à des troubles politiques récurrents, et dont le président Nicolas Maduro a été capturé par une opération militaire américaine en janvier.

Les grandes catastrophes naturelles ne laissent en général guère plus de 72 heures aux secours pour retrouver des survivants et le pays oscille entre farouche volonté d'en retrouver encore et exaspération à l'égard d'autorités jugées défaillantes.

"Tout le monde dit qu'il ne reste plus personne, mais nous sommes toujours là à attendre. Voyons si nous pouvons encore faire sortir quelqu'un", a déclaré Eduardo Cardozo, un ouvrier agricole venu aider les équipes de sauvetage d'une zone sinistrée de Tucacas, sur la côte.

Un homme et son fils adolescent ont été sauvés dimanche près de quatre jours après le double séisme, selon des journalistes de l'AFP à Caraballeda, un ville côtière au nord de Caracas. Les sauveteurs américains et français ont descendu d'une montagne de gravats le jeune et son père, choqués et fatigués, nus sur des brancards.

Dimanche, le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez a fait état de 189 bâtiments entièrement effondrés et 1.450 décès "à la suite de la plus brutale catastrophe naturelle que notre pays ait subi de toute son histoire". Les Nations unies estiment le nombre de disparus à environ 50.000.

- Encore des survivants ? -

A Caraballeda, où des images aériennes de l'AFPTV montre des quartiers entiers réduits en poussière, des riverains exaspérés par la passivité des militaires ont obligé dimanche un groupe de soldats à prendre pelles et pioches pour participer aux efforts.

"Un général est arrivé avec une vingtaine de militaires armés et ils sont restés collés à un mur. On devait sortir une personne qui était morte et eux, tranquilles, dans un coin...", a expliqué à l'AFP Alexander Mijares, secouriste volontaire et commerçant de 26 ans. Des soldats ont ensuite commencé à dégager des débris.

"Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent. Nous avons retrouvé des personnes vivantes (...). Nous gardons toujours l'espoir", a affirmé la présidente par intérim Delcy Rodriguez, prolongeant la fermeture des écoles une semaine de plus.

Dans l'une des zones les plus durement touchées, la ville côtière de La Guaira, Hector Aguilera cherchait quatre membres de sa famille ensevelis sous les décombres. Deux autres avaient pu être sauvés.

Dans le quartier de San Bernardino à Caracas, des sauveteurs ont escaladé un immeuble effondré, utilisant des perceuses pour briser le béton et formant des chaînes humaines pour évacuer les décombres à la main.

À Chacao, un autre quartier de la capitale, de grands écrans publicitaires diffusaient les visages de personnes disparues dans l'espoir de les localiser.

- "Solidarité" papale -

Pendant de nombreuses heures avant l'arrivée des premiers secouristes étrangers, les Vénézuéliens ont dû retourner et fouiller les décombres à mains nues alors que le manque d'engins de chantier et de levage se fait cruellement sentir.

"Ce sont principalement des habitants qui travaillent avec des outils rudimentaires", a témoigné à Caraballeda un secouriste australien expérimenté résidant à Miami, Craig Demeillon, 43 ans.

Le gouvernement a restreint l'accès à l'État de La Guaira en imposant aux bénévoles l'obtention d'un laissez-passer. "Il faut un permis pour sauver des vies... rendez-vous compte", s'est indigné Carlos Itriago, 27 ans.

Quelques centaines de soldats de l'armée de l'air américaine sont déjà sur place pour soutenir "l'accroissement du flux essentiel du trafic aérien entrant et sortant", a indiqué le Commandement militaire des Etats-Unis pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Southcom).

Un détachement supplémentaire de quelque 130 Marines doit poser le pied au port de La Guaira (nord), avec pour mission de "permettre à des fournitures et équipements plus que nécessaires d'atteindre par voie maritime les régions du Venezuela les plus touchées".

- Machado bientôt de retour -

Dans ce chaos, la figure de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, a annoncé sur la chaîne américaine Fox News qu'elle serait "de retour au Venezuela très bientôt".

"Le moment est venu, c'est mon devoir d'être aux côtés de mon peuple", a-t-elle assuré. Le gouvernement la considère comme une "fugitive" et l'accuse d'avoir plaidé en faveur de l'intervention militaire américaine qui a renversé M. Maduro.

Très critiquée, la présidente Delcy Rodriguez a de son côté remercié les 24 pays étrangers qui ont envoyé plus de 520 tonnes de matériel, 2.700 secouristes et 86 équipes avec des chiens. Les dommages sont évalués à près de sept milliards de dollars, soit 6% du PIB du pays, selon l'ONU.

Au moins 28 personnes de nationalité ou d'origine portugaise, sept Chinois, neuf Espagnols, deux Brésiliens, un Chilien, un Uruguayen et un Italo-Vénézuélien figurent parmi les morts.

(A.Stefanowych--DTZ)

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