Deutsche Tageszeitung - L'UE espère rééquilibrer ses échanges avec la Chine grâce au dialogue

L'UE espère rééquilibrer ses échanges avec la Chine grâce au dialogue


L'UE espère rééquilibrer ses échanges avec la Chine grâce au dialogue
L'UE espère rééquilibrer ses échanges avec la Chine grâce au dialogue / Photo: © AFP/Archives

L'Union européenne et la Chine ont dit lundi vouloir intensifier leurs discussions, pour tenter de résoudre à l'amiable les tensions commerciales de plus en plus vives entre les 27 et Pékin.

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Le commissaire européen Maros Sefcovic a reçu lundi à Bruxelles le ministre chinois du Commerce Wang Wentao, pour lui faire part des préoccupations grandissantes de l'Europe et de son souhait de rééquilibrer des échanges économiques qui ont franchi la cote d'alerte.

Le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine dépasse désormais un milliard d'euros par jour, un gouffre attribué en grande partie par l'Europe à des pratiques déloyales de Pékin.

"L'écart se creuse. Les exportations de la Chine vers l'UE continuent d'augmenter, tandis que notre part du marché chinois ne cesse de se réduire", a expliqué à la presse M. Sefcovic, qui dirige la politique commerciale de l'UE, avant un dîner de travail avec son homologue chinois.

Face à cette situation devenue "insoutenable", "le statu quo n'est pas une option", a-t-il martelé, assurant que l'Europe devait "défendre sa base industrielle et se battre pour des règles du jeu équitables au niveau mondial, pour que nos entreprises aient la possibilité de rivaliser à armes égales".

Pour tenter de résoudre ces tensions, les deux responsables ont convenu de multiplier les discussions et échanges de données dans les mois qui viennent, "afin de stabiliser et d'équilibrer davantage notre relation bilatérale", ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint.

Selon Maros Sefcovic, l'idée est de parvenir à "de premiers résultats concrets" en octobre, lorsqu'il se rendra à son tour en Chine, à l'invitation de Wang Wentao.

Un calendrier relativement court, alors que les Européens commencent à perdre patience, et ont demandé à Bruxelles de renforcer l'arsenal de défense commercial de l'UE, pour mieux protéger leur marché contre les distorsions de concurrence étrangères.

Le déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine a été multiplié par cinq en volume ces dix dernières années, et a plus que doublé en valeur.

Bruxelles l'impute en grande partie à une concurrence déloyale, reprochant à Pékin de subventionner massivement ses entreprises, au risque de balayer des pans entiers de l'industrie européenne (automobile, chimie, acier...).

Pékin s'en défend mais selon l'OCDE, de 2004 à 2025, les entreprises chinoises ont reçu en moyenne 3 à 8 fois plus de soutien public que leurs homologues basées dans ses pays membres.

L'UE veut en outre réduire son énorme dépendance à la Chine pour ses approvisionnements en matières premières critiques et en semiconducteurs.

Sur ces sujets, Bruxelles dispose d'un soutien quasi unanime des 27 pays de l'UE. Mais la Commission n'a pas encore dévoilé quelles mesures elle pourrait prendre.

L'UE a déjà pris une série de mesures inédites ces derniers mois pour protéger son marché intérieur, comme le doublement des droits de douane sur les importations d'acier ou la taxation des petits colis entrant dans l'UE, deux mesures qui entreront en vigueur mercredi.

- La Chine prête à se "défendre" -

Les autorités chinoises, pour leur part, prônent les vertus du dialogue, tout en brandissant à leur tour la menace de mesures de rétorsion.

La Chine s'oppose à "toute mesure restrictive" qui serait prise contre ses entreprises, et "si l'UE persistait à vouloir imposer de telles dispositions, elle serait contrainte de prendre des contre-mesures, pour défendre ses intérêts légitimes", avait prévenu la semaine dernière le chef de la mission chinoise auprès de l'UE, Cai Run.

Mais "nous sommes tout à fait en mesure de résoudre les frictions et les désaccords économiques et commerciaux par le dialogue", avait-il insisté, en bon diplomate.

Les deux partenaires n'ont pas intérêt à se lancer dans une guerre commerciale frontale, vu l'importance de leurs échanges économiques: la Chine est le 4e débouché pour les exportateurs européens et le premier pays fournisseur de l'UE.

Après son dîner avec Maros Sefcovic, Wang Wentao se rendra à Londres, où la Commission mixte économique et commerciale annuelle entre la Chine et le Royaume-Uni démarre mardi. Avec, là aussi, au menu des sujets de friction, notamment au sujet de l'acier.

(N.Loginovsky--DTZ)