Deutsche Tageszeitung - Présidentielle: Édouard Philippe dans l'arène pour "prendre le pouvoir"

Présidentielle: Édouard Philippe dans l'arène pour "prendre le pouvoir"


Présidentielle: Édouard Philippe dans l'arène pour "prendre le pouvoir"
Présidentielle: Édouard Philippe dans l'arène pour "prendre le pouvoir" / Photo: © AFP

"Remettre de l'ordre dans les affaires de la France" et faire de "l'intérêt de nos enfants" la "boussole du prochain quinquennat": Édouard Philippe a franchi dimanche un nouveau cap de sa campagne présidentielle, en évoquant une "refonte massive de l'école" et en assurant de la justesse des "efforts" qu'il entend demander aux Français.

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Son discours d'environ 1h15, sans grande annonce nouvelle mais avec une promesse de réforme "massive" sur l'école, "clé du redressement français", était censé marquer les esprits et galvaniser les troupes de l'ancien Premier ministre, toujours en avance sondagière sur ses concurrent du bloc central Gabriel Attal (Renaissance) et de droite Bruno Retailleau (LR), et à deux jours de la décision judiciaire qui décidera de l'identité du candidat du Rassemblement national, de Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

"Ici, maintenant, nous lançons l'effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays. Nous allons prendre le pouvoir !", a lancé le maire du Havre devant ses partisans.

En présence --discrète-- de son épouse et de sa mère, le candidat n'a pas "exhibé (sa) vie privée": "pas le genre de la maison". D'ailleurs, ses trois enfants n'étaient pas dans la salle et il n'entend pas sacrifier à l'exposition rituelle dans Paris Match. Il n'en a pas moins évoqué ses racines normandes, sa famille, l'école, le regard des autres sur la maladie --il a souffert d'un vitiligo puis d'une alopécie.

Au plan politique, plus d'un millier d'élus étaient présents, selon Horizons. Dont un certain nombre de visages extérieurs dont le soutien avait été distillé dans la semaine: pour Renaissance, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et son collègue ministre Mathieu Lefevre, en plus de quelques députés (Astrid Panosyan-Bouvet, Marc Ferracci). Le ministre LR Nicolas Forissier était également présent, de même que deux députés MoDem ou encore le président du Parti radical, Laurent Hénart.

-"Foi du converti" féministe-

Rien de très nouveau sur le fond, si ce n'est une réponse à l'étiquette du "sang et des larmes" que tente de lui accoler Gabriel Attal. Tout juste "un peu de sueur": "je demanderai des efforts, mais des efforts justes, partagés et étalés dans le temps", a assuré Édouard Philippe.

La France "sait très bien" que "tout n'est pas perdu, pour peu qu'on lui dise la vérité" et "qu'on tienne enfin ce qu'on promet", a-t-il assuré, promettant de "préserver les ouvriers, les salariés modestes et les indépendants" mais assumant de dire aux retraités qu'ils devront contribuer d'avantage, "aux cadres et aux employés du secteur public et privé qu'il faudra travailler plus longtemps" et à l'État" qu'il devra se "serre(r) la ceinture".

Il a ensuite évoqué "une refonte massive de l'école", "la plus importante peut-être depuis Jules Ferry", souhaitant notamment "que chaque élève de France ait accès à un soutien scolaire universel combinant assistant IA personnalisée et brigades de professeurs, voire d'anciens professeurs et d'étudiants volontaires".

Édouard Philippe a promis de "remettre de l'ordre dans les affaires de la France": dans la justice, avec l'application systématique de courtes peines, ou aux frontières, avec des étrangers délinquants expulsés et privés d'aides sociales.

Édouard Philippe n'a pas oublié de cibler ses principaux adversaires, le Rassemblement national et La France insoumise. Le premier taxé d'ambivalence, "social dans le Nord, libéral dans le Sud, porte-voix revendiqué des classes populaires dans les campagnes, mais gourmand des petits fours à Monte-Carlo".

LFI ensuite, et sa "prétendue nouvelle France de ceux qui banalisent les délires ethniques ou communautaires" en "faisant le choix de la division communautaire, en flirtant souvent avec l'antisémitisme le plus rance, en nourrissant à dessein la haine du flic, la haine du riche".

(P.Hansen--DTZ)

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