Cuba: le réseau électrique rétabli après une nouvelle coupure totale
Cuba a rétabli son réseau électrique mercredi, après une troisième déconnexion totale en moins de dix jours, mettant à rude épreuve le quotidien des habitants de cette île en manque de carburant en raison du blocus pétrolier américain.
Le pays de 9,6 millions d'habitants avait été de nouveau privé d'électricité mardi en fin de matinée en raison d'une "oscillation" de la tension, provoquée par la mise hors service soudaine d'une unité d'une centrale thermo-électrique, ce qui a entraîné un déséquilibre "brusque" entre la production et la demande.
"A 7h00 locales (11H00 GMT), le réseau électrique a été rétabli", a annoncé sur X l'Union électrique de Cuba (UNE).
Deux autres coupures générales ont eu lieu la semaine passée. Le réseau électrique a été rétabli après quelque 24 heures, mais de longs délestages perdurent en raison de la faible production d'électricité.
La crise énergétique est "en train de tuer chez l'être humain l'enthousiasme de vivre", témoigne auprès de l'AFP Maria Caridad Alvarez, une femme au foyer de 62 ans.
Ces dernières semaines, les délestages ont duré plus de 30 heures d'affilée à La Havane et plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de construction de parcs solaires lancé il y a deux ans.
En proie à une grave crise économique depuis cinq ans, le pays subit régulièrement des coupures électriques générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant.
Mais la situation s'est encore aggravée depuis que Washington empêche les livraisons de carburant pour alimenter des groupes électrogènes qui complètent la production de sept centrales thermiques vieillissantes.
- "Une guerre" -
"Cette situation est principalement due à l'état de notre système électrique, aggravé par les décisions des États-Unis", a abondé mardi le ministre de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, lors d'une conférence de presse.
"C'est pratiquement une guerre que nous vivons", a-t-il ajouté, soulignant qu'il y a une "absence totale de carburant" et que le gouvernement ne peut pas obtenir de pièces de rechange pour ses centrales.
Selon la compagnie d'électricité, la pénurie de carburant rend aussi le réseau plus vulnérable aux pannes et ralentit les travaux de rétablissement en empêchant l'utilisation des générateurs de secours.
Depuis janvier, Washington n'a autorisé l'arrivée en mars que d'un seul pétrolier russe chargé de 100.000 tonnes de pétrole brut.
Les habitants expriment régulièrement leur exaspération dans les quartiers les plus affectés en mettant le feu à des tas d'ordures ou en tapant sur des casseroles.
Les relations entre les États-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l'année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain.
Donald Trump estime que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue "une menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a plusieurs fois averti qu'il pourrait en "prendre le contrôle".
Les deux pays mènent de difficiles pourparlers. Fin juin, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a reconnu qu'il n'y avait "aucun progrès" dans les négociations en cours.
(L.Svenson--DTZ)