Kiev bombardée au lendemain d'attaques ukrainiennes meurtrières contre la Russie
Les forces russes ont à nouveau bombardé Kiev dans la nuit de samedi à dimanche, faisant au moins un mort, au lendemain d'attaques meurtrières ukrainiennes contre la Russie.
Les déflagrations pouvaient s'entendre depuis l'intérieur des abris antiaériens, et l'une d'entre elles a été si forte qu'elle a déclenché des alarmes de voitures stationnées dans le centre de la ville, ont constaté des journalistes de l'AFP.
L'armée de l'air ukrainienne a évoqué une attaque de missiles balistiques.
Une personne a été tuée et 13 blessées lors de l'attaque, ont indiqué les services de secours, selon qui les bombardements ont visé cinq districts de la capitale.
Depuis juin, Kiev est régulièrement visée par des frappes russes menées à l'aide de missiles balistiques, rapides et plus difficiles à intercepter que les drones ou les missiles de croisière.
Le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, a évoqué sur Telegram des véhicules en feu et de la fumée s'élevant près d'un centre commercial dans le quartier de Desniansky. Dans celui de Shevchenkivsky, la "chute de débris" a provoqué un incendie dans un immeuble d'habitation.
Un immeuble résidentiel et un supermarché, ainsi qu'une maison, étaient également en flammes dans deux autres districts de la capitale, Solomiansky et Sviatoshynsky, selon l'élu.
L'administration militaire de la capitale a de son côté annoncé qu'un immeuble d'habitation avait été endommagé dans le quartier de Shevchenkivsky, tandis qu'un centre commercial et de loisirs ainsi que des véhicules étaient en feu dans celui de Dniprovsky.
- Systèmes Patriot -
Les frappes à Kiev interviennent au lendemain d'une attaque de drones ukrainienne contre deux centres logistiques en Russie, qui a fait au moins huit morts selon les autorités locales. Un dépôt de pétrole dans la région de Moscou a été également incendié, entrainant l'évacuation d'une maternité, selon la même source.
Volodymyr Zelensky a assuré que les "deux grandes installations logistiques" touchées dans les régions de Moscou et de Tambov étaient utilisées "pour fournir des composants sous sanctions destinés à la production de drones et d'équipements de navigation".
L'Ukraine frappe de plus en plus des villes russes éloignées de la frontière en représailles aux frappes quotidiennes de Moscou dans le cadre de son offensive lancée en février 2022.
La région de Moscou a aussi été visée par plus de 370 drones dans la nuit de samedi à dimanche, a déclaré le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, "la plupart abattus".
Kiev a été également frappée au moment où le président Volodymyr Zelensky a laissé entendre que des changements pourraient intervenir au sein de l'armée. Des manifestations ont été organisées samedi dans le pays pour la troisième journée consécutive contre le limogeage du populaire ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov.
La capitale ukrainienne, où 30 personnes avaient été tuées lors d'un bombardement russe d'une ampleur inédite dans la nuit du 1er au 2 juillet, souffre d'un manque de missiles PAC-3 pour ses systèmes Patriot de conception américaine, essentiels pour intercepter les projectiles balistiques.
Le président américain, Donald Trump, a récemment fait part de son intention d'autoriser l'Ukraine à produire des missiles destinés aux systèmes de défense Patriot. Son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait dit que cette production pourrait débuter "d'ici fin 2026", afin de renforcer la défense du pays face à l'intensification des frappes balistiques russes.
(V.Sørensen--DTZ)