Deutsche Tageszeitung - Le congrès du RN à Orléans, épicentre d'une nouvelle journée de manifestations à haut risque

Le congrès du RN à Orléans, épicentre d'une nouvelle journée de manifestations à haut risque


Le congrès du RN à Orléans, épicentre d'une nouvelle journée de manifestations à haut risque
Le congrès du RN à Orléans, épicentre d'une nouvelle journée de manifestations à haut risque / Photo: © AFP/Archives

Au coeur d'un nouveau samedi de mobilisation sous haute surveillance partout en France, Orléans accueille le congrès du Rassemblement national et se prépare à une manifestation record, à la veille du premier grand meeting de campagne de Marine Le Pen.

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Jamais la préfecture du Loiret n'a connu pareil défilé. Les autorités attendent jusqu'à 30.000 personnes dès 10H30, sur un parcours modifié pour éviter le centre-ville. Deux fois plus de monde qu'à l'acmé du mouvement contre la dernière réforme des retraites. Un quart de la population de cette capitale régionale.

Dans la foule, on guettera la présence annoncée d'Olivier Faure (PS), Bally Bagayoko (LFI) et Sophie Binet (CGT), dont les organisations ont appelé, comme une cinquantaine d'autres partis politiques, syndicats et associations, à ce rassemblement "contre le racisme, le fascisme et l'impérialisme" - mais d'abord "contre le RN et ses idées mortifères".

Pour encadrer ce cortège et sécuriser le congrès du parti d'extrême droite, tous les effectifs de police locaux ont été mobilisés, renforcés par quinze compagnies de CRS et de gendarmes mobiles. Soit près de 3.000 hommes "bien équipés" avec deux blindés Centaure, des engins lanceurs d'eau, des hélicoptères et des drones, prêts à contenir les 2.000 à 3.000 "éléments radicaux" qui pourraient se fondre dans la masse, selon les autorités.

En attendant, le centre-ville s'est barricadé. Les vitrines se sont couvertes de contreplaqué, certains commerçants ont baissé le rideau pour le weekend. La municipalité a fermé l'office de tourisme, la médiathèque, les parcs et jardins, et ordonné aux restaurants de ne pas ouvrir leurs terrasses.

Les tramways sont à l'arrêt, la circulation interdite dans le coeur historique de la cité, tout comme le stationnement des voitures, deux-roues et vélos qui pourront être "mis en fourrière". Même les poubelles seront "évacuées" si elles sont "laissées sur la voie publique" après 8H00.

"Ça ne sera pas la pagaille ici, ça ne doit pas l'être", a tonné le maire Serge Grouard, qui a tâché "d'anticiper tout ce (qu'il) peut" pour "protéger Orléans".

- Rassurer les troupes -

De l'autre côté de la Loire, calfeutrés dans l'enceinte du Zénith, 5.000 militants et cadres du RN ont rendez-vous à partir de 14H30 pour ce qui aurait dû être une formalité: la réélection de leur président Jordan Bardella, seul candidat à sa succession.

L'absence de suspense n'a pas empêché plus de deux tiers (68%) des adhérents de participer au vote, qui doit aussi renouveler les instances internes. L'autoproclamé "premier parti de France" et ses 160.000 membres revendiqués apparaissent donc soudés derrière leur chef, pourtant fragilisé ces dernières semaines par des accusations d'antisémitisme juvénile - qu'il conteste farouchement.

Rien ne semble pouvoir entraver la dynamique d'une formation politique lancée à la conquête du pouvoir avec une confiance insolente. D'autant plus que les sondages placent plus que jamais Marine Le Pen largement en tête au premier tour et gagnante face à tous ses adversaires potentiels au second.

Une avance que l'ultra-favorite de la course à l'Elysée va exploiter dimanche, pour son premier grand meeting de campagne au Co'Met, arène de 10.000 places qu'elle espère voir remplie, malgré les "messages de crainte" remontés de la base jusqu'à la direction du RN après les violences du weekend dernier.

La quadruple candidate s'est employée à rassurer ses troupes, affirmant qu'elle n'avait "pas d'inquiétude" quant à la bonne tenue de l'événement. Ses porte-parole l'ont relayée sur tous les plateaux, soulignant les "garanties" obtenues pour le maintien de l'ordre.

"C'est un peu la campagne à venir qui se joue", a estimé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, venu lui-même "inspecter le dispositif" vendredi, tandis que le préfet Hugues Moutouh a interdit toute manifestation dimanche dans une grande partie de l'agglomération orléanaise.

Préservée du tumulte de ses opposants, Marine Le Pen entend se présenter en garante d'une "France apaisée", porteuse d'une promesse de "renaissance" dont elle fera le thème central de son discours. Même si ses ennemis semblent prêts pour une guerre de cent ans.

(V.Varonivska--DTZ)