Deutsche Tageszeitung - Elections en Israël: l'opposition devant mais sans majorité, les partis arabes en force

Elections en Israël: l'opposition devant mais sans majorité, les partis arabes en force


Elections en Israël: l'opposition devant mais sans majorité, les partis arabes en force

Le bloc de l'opposition au Premier ministre Benjamin Netanyahu est arrivé en tête mardi des premières élections législatives en Israël depuis le 7-Octobre, marquées par une forte mobilisation de la minorité arabe, en passe de décrocher un nombre record de sièges, selon de premières estimations.

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Selon les sondages à la sortie des urnes des chaînes de télévision 11, 12 et 13, le "bloc du changement" emmené par le centriste Gadi Eisenkot récolte entre 52 et 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset, le parlement israélien, tandis que la coalition sortante de M. Netanyahu en recueille 50.

Les deux listes arabes israéliennes s'imposent comme de possibles faiseurs de roi, les projections leur accordant 17 ou 18 sièges, en forte augmentation.

Si ces estimations ne sont pas définitives, l'absence de majorité signifie que les partis vont désormais se lancer dans des semaines d'intenses tractations pour tenter d'atteindre les 61 sièges nécessaires pour former une coalition gouvernementale.

La Commission électorale va publier progressivement les résultats, dans la nuit de mardi à mercredi, un processus qui pourrait durer plusieurs jours.

Ces premières élections législatives depuis les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 ont été marquées par une participation jamais vue depuis plusieurs décennies, signe du caractère déterminant de ce scrutin aux yeux de nombreux Israéliens.

Des dizaines de milliers d'expatriés sont notamment rentrés au pays juste pour voter, comme Eilana Zisblit, 55 ans, qui vit au Canada depuis près de 30 ans.

"Le pays va dans une mauvaise, une très mauvaise direction", a-t-elle estimé dans la matinée devant un bureau de vote dans le quartier de Jérusalem où elle a grandi. "J'ai le sentiment que c'est maintenant ou jamais" qu'il faut voter, "sinon le pays risque vraiment de ne pas survivre".

- Faiseurs de rois -

Les élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée, sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Les résultats seront scrutés dans le monde entier, alors que M. multiplie de nouveau les menaces contre l'Iran au risque d'aggraver un conflit dont les répercussions se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient.

"Je veux du changement", affirme Asia Egbaria, étudiante en droit de 23 ans, après avoir voté à Oum al-Fahm, ville majoritairement arabe du nord. "Je ne veux plus être traitée comme une citoyenne de deuxième ou de troisième classe. Je veux juste vivre en paix et sereinement".

C'est d'ailleurs sur cette minorité que M. Netanyahu a concentré ses attaques, en accusant mardi le parti Raam de vouloir "voler l'élection", après l'arrestation de trois hommes avec des enveloppes remplies d'argent liquide.

Les autorités électorales ont évoqué un "cas isolé", et M. Eisenkot l'a accusé de "préparer le terrain" à une possible contestation des résultats. Le chef de Raam, Mansour Abbas, a dénoncé des "mensonges" du Premier ministre visant à galvaniser l'électorat de droite.

- Ombre du 7-Octobre -

Le souvenir du 7-Octobre a pesé lourd dans ce scrutin, et M. Eisenkot, qui accuse le Premier ministre d'être responsable des défaillances sécuritaires, a promis de mettre en place une commission d'enquête indépendante s'il arrive au pouvoir.

Tout au long de la campagne, M. Netanyahu s'est efforcé de convaincre qu'il avait depuis affaibli les ennemis d'Israël, en menant plusieurs guerres, dont celle qui a réduit Gaza en décombres.

Il a promis, en cas de victoire, de "finir le travail" en Iran, et a mis en avant sa proximité avec le président américain Donald Trump qui lui a apporté son soutien.

Pour les opposants de la coalition sortante, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne, alors que Benjamin Netanyahu, en procès pour des accusations de corruption, n'a eu de cesse de s'en prendre au pouvoir judiciaire.

Gadi Eisenkot a fait une campagne plus discrète que l'actuel Premier ministre, misant sur une image de sobriété et de sérieux, et promettant de "rassembler à nouveau tous les Israéliens".

(Y.Ignatiev--DTZ)