Deutsche Tageszeitung - A Hong Kong, l'angoisse des parents séparés de leurs enfants positifs au Covid

A Hong Kong, l'angoisse des parents séparés de leurs enfants positifs au Covid


A Hong Kong, l'angoisse des parents séparés de leurs enfants positifs au Covid
A Hong Kong, l'angoisse des parents séparés de leurs enfants positifs au Covid

Les parents de Hong Kong sont séparés de leurs enfants et bébés testés positifs au Covid-19, ce qui ne fait qu'aggraver la colère de la population face au manque de préparation du centre financier, et pourrait alimenter l'épidémie majeure qui balaie la ville selon certains experts.

Taille du texte:

Laura, une résidente permanente de 32 ans née en Grande-Bretagne, a déclaré à l'AFP que sa fille Ava, âgée de 11 mois, avait été testée positive après avoir été admise à l'hôpital dimanche soir avec de la fièvre et une respiration laborieuse.

Ava est maintenant stable dans l'unité de soins intensifs et sera bientôt transférée dans une unité d'isolement, mais elle devra se rétablir sans ses parents pendant au moins sept jours.

"J'ai dit que je dormirais dans le couloir, sur le sol, n'importe où", a-t-elle dit en retenant ses larmes.

Laura et son mari Nick ont réussi à partager un rapide appel vidéo avec Ava mardi. "C'était déchirant", a aouvé Laura, demandant à n'utiliser que son prénom.

"L'angoisse de la séparation est à son comble à cet âge-là, elle était inconsolable, elle ne faisait que pleurer 'Maman, Maman'".

Lau Ka-hin, responsable de l'autorité hospitalière locale, a confirmé que les enfants étaient séparés.

"Nous avons fait de notre mieux pour que les enfants et les parents positifs au Covid soient dans le même hôpital afin que les parents puissent s'occuper des enfants", a-t-il déclaré mardi à la presse.

"Mais il y a beaucoup, beaucoup de cas et beaucoup d'enfants infectés. Il faut du temps à notre personnel pour mettre en place des endroits appropriés pour eux."

- "Je ne sais pas quoi faire" -

En proie à la pire vague de son histoire, la métropole densément peuplée enregistre actuellement plusieurs milliers de cas chaque jour, tandis que les hôpitaux et les unités d'isolement débordent.

Une politique stricte de zéro Covid à la chinoise a permis de tenir le virus à distance ces deux dernières années, au prix de l'isolement de l'ancien hub international. Mais l'arrivée du variant Omicron en début d'année a pris les autorités au dépourvu.

La Chine a ordonné à Hong Kong de s'en tenir à sa politique de zéro Covid et d'isoler toute personne testée positive.

Sur un groupe Facebook de 17.000 membres, principalement de langue cantonaise, destiné aux mères cherchant un traitement contre le coronavirus, beaucoup ont dit avoir des enfants malades mais craindre d'aller à l'hôpital.

"Mon fils a deux ans et demi et est fiévreux depuis lundi matin", a écrit un membre appelé Shan Hor. "Je ne sais pas quoi faire. J'ai tellement peur."

Les autorités de Hong Kong sont confrontées à une colère grandissante face à l'absence de préparation pour faire face à une recrudescence des cas, malgré deux années de répit durement gagnées grâce à la politique zéro-Covid.

"Si un enfant doit être hospitalisé en raison du Covid, il devrait être possible pour un parent de rester dans la même chambre, à moins que l'état de l'enfant ne soit très grave", a dénoncé sur Twitter Siddharth Sridhar, microbiologiste à l'Université de Hong Kong.

"Dans des périodes comme celle-ci, il est plus important que jamais de rester rationnel et compatissant", a-t-elle ajouté.

- "Retarder le traitement" -

Des journaux habituellement peu critiques, comme l'Oriental Daily, ont publié cette semaine de multiples éditoriaux fustigeant les dirigeants de la ville, un franc-parler de plus en plus rare à Hong Kong alors que les autorités répriment la dissidence suite aux manifestations pro-démocratie de 2019.

Les mesures de distanciation sociale, strictes et souvent changeantes, ont pénalisé les entreprises et pesé particulièrement sur enfants dont la scolarité a été perturbée ces deux dernières années.

Mardi, la dirigeante de Hong Kong Carrie Lam a annoncé que les vacances d'été seraient immédiatement avancées à mars et avril, afin de rendre les établissements scolaires disponibles pour les trois séries de tests Covid obligatoires dans toute la ville en mars.

Les chiffres de cette semaine montrent que les départs de la ville ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la pandémie et de la répression politique.

Certains experts de la santé craignent que les règles strictes d'isolement de Hong Kong n'alimentent en fait la propagation du virus.

"Ma véritable crainte maintenant est que les parents retardent leur traitement par peur de la séparation", a écrit David Owens, un médecin local, sur Twitter cette semaine.

(O.Tatarinov--DTZ)

En vedette

Les traitements à la testostérone, un boom dopé par les réseaux sociaux

Encouragés par influenceurs et publicités vantant leurs effets bénéfiques sur le dynamisme ou la libido, de plus en plus d'hommes se lancent dans des traitements pour doper leur testostérone, souvent sans justification médicale, selon des médecins interrogés par l'AFP.

Soumission chimique: une expérimentation pour rembourser les analyses même sans plainte

Une expérimentation visant à améliorer la prise en charge des victimes de soumission chimique en simplifiant leur accès aux analyses médicales a été lancée vendredi à Nantes, en présence de la ministre Aurore Bergé et de la députée Sandrine Josso.

Dans le Minnesota, des visites médicales à domicile pour une communauté somalienne apeurée

Particulièrement ciblée et apeurée par l'offensive anti-imigration de l'administration Trump, la communauté somalienne du Minnesota s'organise: elle a créé un réseau pour proposer des visites médicales à domicile à ses membres n'osant plus sortir hors de chez eux.

Les plaintes s'accumulent en France dans le dossier des laits infantiles

L'affaire des laits infantiles, déjà à l'origine de deux enquêtes ouvertes en France après la mort de deux nourrissons, connaît jeudi un nouvel épisode judiciaire avec la plainte déposée à Paris par l'association Foodwatch et huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.

Taille du texte: