Deutsche Tageszeitung - La volonté et l'argent manquent pour éradiquer la tuberculose (expert)

La volonté et l'argent manquent pour éradiquer la tuberculose (expert)


La volonté et l'argent manquent pour éradiquer la tuberculose (expert)
La volonté et l'argent manquent pour éradiquer la tuberculose (expert) / Photo: © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

La tuberculose a repris au Covid-19 le triste flambeau de maladie contagieuse la plus mortelle, déplore un expert de la lutte contre ce fléau, qui dénonce le manque de mobilisation pour l'éradiquer.

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Mel Spigelman, est président de l'association à but non lucratif TB Alliance, qui a pour mission de distribuer des médicaments plus efficaces et moins chers contre la tuberculose en particulier dans les pays pauvres.

S'il salue l'extraordinaire mobilisation contre le Covid-19 qui, en deux ans, a permis de se doter d'un arsenal de tests, de vaccins et de traitements sûrs et efficaces, il ne peut s'empêcher de noter que "la comparaison avec la tuberculose est assez frappante", lors d'un entretien avec l'AFP.

Avant la pandémie de Covid, la tuberculose tuait plus qu'aucune autre maladie contagieuse au monde: 1,5 million de décès tous les ans.

Et comme les décès liés au Covid diminuent régulièrement, "la tuberculose a retrouvé cette distinction douteuse", souligne Mel Spigelman, chiffres à l'appui.

La tuberculose --causée par une bactérie qui s'attaque principalement aux poumons-- tue 4.109 personnes par jour, selon TB Alliance.

En se basant sur les chiffres compilés par l'université Johns Hopkins, au cours du mois écoulé, la moyenne quotidienne est d'un peu moins de 1.450 morts officiellement recensés dus au Covid-19.

- "Revers majeur" -

Non seulement, il semble y avoir moins d'intérêt pour s'attaquer sérieusement à la tuberculose mais la pandémie a eu un effet dévastateur.

La pandémie et ses confinements ont empêché les malades d'être diagnostiqués et soignés et les centres de soin ont souvent été réquisitionnés pour la lutte contre le Covid-19.

Le résultat ne s'est pas fait attendre: en 2020, le nombre de décès dus à la tuberculose est remonté pour la première fois depuis une décennie.

"Nous sommes passés de ce que je considère honnêtement comme des progrès incroyablement lents, mais néanmoins des progrès, à une inversion" de tendance, rappelle le docteur Spigelman, qui voit là un "revers majeur".

Les milliards jetés dans la lutte contre le Covid-19, la crise économique et les tensions géopolitiques sont autant de facteurs qui ont pesé sur le financement de la lutte contre la tuberculose.

La plupart des donateurs de l'Alliance TB n'ont pas voulu s'engager sur plus d'un an de financement à la fois et ont réduit les montants accordés.

Le Royaume-Uni, traditionnellement le principal donateur, n'a rien déboursé cette année.

"Je suis très inquiet du fait que les progrès qui ont été réalisés --et qui ont déjà été érodés par le Covid-- puissent se dégrader encore plus", a déclaré M. Spigelman.

- "Changer la donne" -

Non sans ironie ces difficultés surviennent en même temps qu'une révolution dans le traitement de souches résistantes aux antibiotiques. Environ 5% des 9,5 millions de personnes qui contractent la tuberculose chaque année sont concernés.

Jusqu'à récemment, "la situation avec la tuberculose résistante aux médicaments était très grave", rappelle le patron de TB Alliance. Les patients devaient se soumettre à des traitements quotidiens très lourds sur des périodes pouvant atteindre jusqu'à deux ans avec d'importants effets secondaires.

Le taux de guérison n'était que de 20 à 30%.

Un nouveau traitement approuvé en 2019 par les autorités de santé américaines en 2019 "change complètement la donne", d'après le docteur Spigelman.

Il consiste en seulement trois comprimés par jour pendant six mois, beaucoup moins d'effets secondaires et un taux de guérison de 90%.

- Eradication possible -

Mais faute de fonds pour distribuer largement ce nouveau traitement il reste encore loin de la coupe aux lèvres, reconnaît le médecin.

La tuberculose n'est pas surnommée la "maladie des pauvres" pour rien, s'insurge-t-il. "Si les riches du monde entier l'attrapaient, je pense que nous verrions une réponse très différente", dénonce-t-il.

Dans l'état actuel des choses, les vaccins candidats contre la tuberculose languissent, sans financement disponible pour les développer et il en va de même pour des tests rapides.

Tout est donc une question d'argent.

"Si les ressources étaient là, je vous parie (que la tuberculose) pourrait être éradiquée", lance Mel Spigelman.

(L.Møller--DTZ)

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