Deutsche Tageszeitung - Chikungunya: le plan blanc déclenché à La Réunion, lancement de la vaccination lundi

Chikungunya: le plan blanc déclenché à La Réunion, lancement de la vaccination lundi


Chikungunya: le plan blanc déclenché à La Réunion, lancement de la vaccination lundi
Chikungunya: le plan blanc déclenché à La Réunion, lancement de la vaccination lundi / Photo: © AFP/Archives

Le plan blanc, dispositif qui permet de déprogrammer certaines opérations ou de rappeler des personnels en congés dans les hôpitaux, a été déclenché à La Réunion où la campagne de vaccination contre l'épidémie de chikungunya débutera lundi, le pic épidémique étant attendu mi-avril.

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Sous tension, le CHU de La Réunion a annoncé avoir déclenché le plan blanc "afin de faire face à une accélération significative" de la prise en charge de patients atteints de chikungunya et une "augmentation très importante" de l'activité des urgences sur ses deux sites, à Saint-Denis (nord) et Saint-Pierre (sud).

Le CHU de La Réunion fait aussi état d'une "saturation des capacités d'hospitalisation, malgré l'ouverture de lits supplémentaires", ainsi que d'une "tension croissante sur les ressources humaines, avec un taux d'absentéisme élevé" lié au chikungunya.

L'activation du plan blanc intervient alors que la campagne de vaccination ciblée à destination des personnes à comorbidité ou âgées de plus de 65 ans doit débuter lundi, a annoncé l'ARS. Les 40.000 doses du vaccin Ixchiq sont arrivées cette semaine sur l'île.

"Les semaines les plus délicates se profilent, le pic est attendu mi-avril", a déclaré vendredi matin sur franceinfo le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, qui se rendra sur l'île à partir de samedi.

"Il y a un énorme travail qui est fait pour lutter contre les effets du chikungunya", a-t-il ajouté.

Les personnes âgées de 65 ans et plus présentant des comorbidités pourront se faire vacciner gratuitement auprès d'un médecin, d'un infirmier ou d'un pharmacien, précise l'ARS.

Plus de 20.000 cas ont été recensés depuis le déclenchement de l'épidémie en août 2024, l'immense majorité depuis le début de l'année. L'épidémie continue de progresser: selon le dernier bilan sanitaire, publié mercredi, près de 6.000 nouveaux cas ont été enregistrés au cours de la semaine du 17 au 23 mars.

Deux personnes, âgées de 86 et 96 ans, sont officiellement mortes du virus, transmis par le moustique tigre. L'ARS a également recensé 31 cas graves, dont la moitié chez des nourrissons.

- A Mayotte aussi -

Manuel Valls a rappelé sur franceinfo que l'épidémie "met sous tension tout le système de santé ", en particulier dans le sud de l'île, la zone la plus touchée, expliquant se rendre sur place pour "marquer notre engagement sur ce dossier".

Le CHU de La Réunion avait appelé dès la semaine dernière les habitants à ne se rendre aux urgences "qu'en cas de réelle urgence médicale", expliquant que son antenne du sud de l'île affrontait une "situation de tension capacitaire maximale" en raison de l'afflux de patients contaminés par le chikungunya.

A Mayotte, l'épidémie progresse aussi. Douze cas ont désormais été enregistrés mais aucun n'a nécessité une hospitalisation, selon l'ARS locale. Elle avait détecté le premier cas le 5 mars, et le premier cas autochtone a été confirmé le 26 mars.

Le seul vaccin disponible est le vaccin Ixchiq, du groupe franco-autrichien Valneva, qui a reçu une autorisation de mise sur le marché européen en juin 2024.

L'impact de la maladie reste pour l'instant loin de celui de l'épidémie de 2005-2006, qui avait touché 260.000 personnes (plus d'un tiers de la population) et fait plus de 200 morts.

Le dernier déclenchement du plan blanc dans les hôpitaux de La Réunion remonte à janvier 2022, pour faire face à l'afflux de malades contaminés par le Covid. Il avait été levé après près d'un mois.

Après La Réunion, Manuel Valls se rendra à Mayotte, "qui reste dans une situation très difficile" après le passage du cyclone Chido en décembre et qui a tué au moins 40 personnes.

Un projet de loi pour refonder le petit archipel doit être examiné au Sénat le 19 mai, après l'entrée en vigueur fin février d'une première loi d'urgence pour sa reconstruction.

(N.Loginovsky--DTZ)

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