Deutsche Tageszeitung - Des tracteurs dans Paris, Yaël Braun-Pivet reçoit les syndicats agricoles

Des tracteurs dans Paris, Yaël Braun-Pivet reçoit les syndicats agricoles


Des tracteurs dans Paris, Yaël Braun-Pivet reçoit les syndicats agricoles

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet reçoit jeudi après-midi les représentants des agriculteurs en colère, rassemblés par centaines devant le Palais Bourbon à Paris et dont des dizaines de tracteurs campent dans la capitale ou sont bloqués à ses portes.

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La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habitué des opérations coup de poing et interdit de manifester autour des institutions parisiennes jeudi, est passée outre et a débarqué à l'aube autour de l'Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel.

La présidente de l'Assemblée a commencé par recevoir vers 14H00 la FNSEA, premier syndicat agricole, et la Coordination rurale devrait suivre à 15H30.

Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants ainsi que la ministre de l'Agriculture Annie Genevard qui n'a pas fait de déclaration. Plus tôt, Yaël Braun-Pivet qui était allée à la rencontre des manifestants, avait été chahutée et invectivée.

José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d'engagement après l'échange avec la ministre. "Il n'y a rien du tout, aujourd'hui il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises", a-t-il déclaré à la presse, ajoutant que les agriculteurs ne repartiraient pas "sans réponses". "S'ils rentrent à la maison, ou ils se suicident, ou il y aura la révolution".

La CR demande un "moratoire" sur les contrôles et la suppression des agences environnementales, ainsi que la fin de l'abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), stratégie qui a ravivé début décembre la colère des agriculteurs.

"Personne ne pensait qu'on y arriverait. On est là et on attend du concret. Y'en a ras le bol. Macron nous sort des milliards d'euros pour aider l'Ukraine (...) alors que la crise est dans son pays", s'exclame Richard Felicien, céréalier et éleveur de volailles près de Chartres, arrivé dans la nuit porte d'Auteuil.

- "NON AU MERCOSUR" -

 

La France devrait voter contre, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs, plus en retrait des mobilisations ces dernières semaines malgré des rassemblements dans les territoires, ont appelé jeudi matin à un grand rassemblement le 20 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg, si le traité était signé ce week-end.

La section locale d'Ile-de-France a déposé jeudi matin une gerbe "aux agriculteurs français" devant la tour Eiffel. En Belgique, des syndicats locaux ont appelé à des blocages routiers dans la soirée.

La FNSEA, premier syndicat agricole, a ajouté attendre du Premier ministre un "signal très fort" ce vendredi.

Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n'ont pas satisfait les agriculteurs, qui demandent depuis 2024 des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.

- Actions "illégales" -

Allègement de la taxe carbone européenne sur les engrais, interdictions de certains produits importés...: la ministre Annie Genevard a dit avoir obtenu des "avancées cette semaine" et vouloir poursuivre le travail. Mais certaines mesures dépendent du vote du budget et d'autres de Bruxelles.

La préfecture de police a interdit les manifestations autour de certaines zones comme l'Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis.

Des convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.

Quelque 46 tracteurs ont été recensés à Paris et 63 en périphérie, ainsi que 670 manifestants, selon le dernier décompte du ministère de l'Intérieur.

"On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l'Essonne", "il faut les libérer", a déclaré M. Venteau sur BFMTV, tandis que d'autres actions sont menées en France avec une dizaine de blocages routiers recensés tôt jeudi.

(W.Uljanov--DTZ)

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