Ebola en RDC et en Ouganda: le bilan dépasse désormais les 1.000 morts, selon l'OMS
L'épidémie de maladie Ebola a fait 1.001 morts en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, selon un dernier bilan communiqué mercredi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'appuie sur des données des autorités sanitaires congolaises.
Au total, 999 décès et 2.473 cas confirmés ont été recensés en RDC depuis le début de l'épidémie, déclarée mi-mai, a indiqué l'OMS dans un point de situation daté du 20 juillet.
Le bilan est maintenu à deux morts pour 20 cas confirmés en Ouganda voisin, où les autorités ont affirmé la semaine dernière ne plus compter de malade. Le pays doit toutefois attendre encore un mois sans nouveau cas pour être officiellement considéré comme débarrassé du virus.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L'épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés, entre 2018 et 2020.
L'épidémie actuelle se propage "plus rapidement que toutes les épidémies précédentes", a alerté la semaine dernière le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Le foyer de la crise, dont l'ampleur réelle est encore difficile à mesurer et qui pourrait durer plusieurs mois, se situe en Ituri, province du Nord-Est congolais frontalière du Soudan du Sud et de l'Ouganda. La province concentre 89,1% des cas et 83,9% des décès, selon l'OMS.
Dans cette région pauvre et en proie à des conflits, le traçage des cas contacts demande d'"énormes moyens", s'inquiète Trish Newport, directrice des programmes d'urgence pour l'ONG Médecins sans frontières (MSF) à Bunia, capitale de l'Ituri.
Une parties des malades sont enterrés sans protection par leurs familles dans les zones rurales, accélérant la contamination. "Un seul décès a pu générer jusqu'à 17 cas de transmission", relate Trish Newport.
Face à l'urgence, volontaires locaux chargés du suivi des cas contacts et de l'enterrement des malades sont souvent formés à la hâte et particulièrement exposés au virus, ajoute-t-elle.
Un semblant de normalité règne encore dans les rues de Bunia, mais l'inquiétude a gagné sa population de près d'un million d'habitants.
- "Tellement peur" -
"J'ai vu trois membres d’une même famille décéder en une semaine. Cela m’a fait tellement peur", déclare Héritier Bomengo, chauffeur de taxi-moto à Bunia, qui s'est équipé de gel désinfectant comme nombre de ses collègues.
La 17e épidémie en RDC, déclarée officiellement le 15 mai, est causée par le virus Bundibugyo pour lequel il n'existe ni vaccin, ni traitement.
Un essai clinique portant sur deux traitements contre cette souche rare a commencé début juillet, selon l'OMS, qui a également accordé une autorisation d'utilisation d'urgence au premier test de diagnostic moléculaire du virus.
La semaine dernière, l'OMS a aussi annoncé le premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, sous la direction de l'université d'Oxford (Royaume-Uni).
Le virus est aussi présent dans quatre autres provinces congolaises, dont celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les capitales provinciales et de larges pans de territoire sont contrôlés par le groupe armé antigouvernemental M23.
(I.Beryonev--DTZ)