Deutsche Tageszeitung - Foot: Pablo Longoria, l'expert ès transferts emporté par la folie de l'OM

Foot: Pablo Longoria, l'expert ès transferts emporté par la folie de l'OM


Foot: Pablo Longoria, l'expert ès transferts emporté par la folie de l'OM
Foot: Pablo Longoria, l'expert ès transferts emporté par la folie de l'OM / Photo: © AFP/Archives

Président de l'OM pendant plus de cinq ans, une longévité rare à ce poste, Pablo Longoria a été remplacé samedi par Alban Juster, victime de la reprise en mains décidée par Frank McCourt et de jeux de pouvoir dont cet expert ès transferts a longtemps été un acteur habile.

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L'Espagnol avait été nommé président de l'OM en février 2021, quelques mois après son arrivée à Marseille en tant que directeur sportif. Il avait alors seulement 34 ans. Depuis Bernard Tapie, seul Vincent Labrune avait tenu aussi longtemps que lui dans ce fauteuil si souvent éjectable.

Plus jeune président de l'OM depuis un siècle et les quatre premiers dirigeants du club marseillais, notamment son fondateur René Dufaure de Montmirail, il part avec un bilan sportif correct, avec trois podiums sur les quatre saisons complètes où il a été en charge.

D'autres avant lui ont fait moins bien et il a contribué à améliorer la situation économique du club, mais lui non plus n'a pas su ramener de titre.

A ce poste exposé, Longoria avait survécu à de nombreuses périodes de crises, notamment en 2023 après une réunion tendue avec des supporters, qui avait poussé l'entraîneur Marcelino et plusieurs dirigeants à quitter le club.

Mais il n'a pas résisté au dernier remaniement piloté par le propriétaire Frank McCourt, qui l'a sacrifié pour laisser le champ libre dans le secteur sportif à Medhi Benatia, que l'Espagnol avait lui-même recruté en 2023 et promu en 2025.

- L'université Juve -

Pendant ses cinq ans à la tête de l'OM, le très polyglotte espagnol (il est à l'aise dans cinq langues) a été un président du turn-over incessant, avec des dizaines de joueurs recrutés et repartis, pour certains très vite. Et six entraîneurs ont été nommés par lui (Jorge Sampaoli, Igor Tudor, Marcelino, Gennaro Gattuso, Jean-Louis Gasset et Roberto De Zerbi), sans compter les intérimaires.

A son arrivée, l'Asturien avait déjà une solide réputation de subtil mécanicien du mercato et une carte de visite imposante et internationale, ayant déjà travaillé comme recruteur à Newcastle ou Huelva et surtout en Italie, à Sassuolo, l'Atalanta Bergame et la Juventus Turin, "mon université" comme il le disait.

En Espagne, son pays, il avait aussi été directeur sportif à Valence entre février 2018 et septembre 2019, quelques mois avant de rejoindre Marseille.

Cette précocité et cette connaissance encyclopédique du football et des footballeurs, et cette réputation de "geek", aussi, lui avaient valu chez lui le surnom de "El nino de la Play", le "gamin à la PlayStation". Lui assurait avec le sourire ne pas savoir d'où sortait cette histoire mais ne démentait pas regarder jusqu'à sept ou huit matches par jour.

A l'aise et volontiers bavard avec les journalistes, souriant et disponible avec les supporters, il a petit à petit pris la mesure du poste de président, même s'il a continué à vivre les matches comme un fan, trépignant en tribunes au risque de choquer ou agacer certains de ses collègues.

- Coup de sang -

Longtemps ultra-impliqué pendant les périodes de mercato, qu'il vivait téléphone collé à l'oreille et profondes cernes aux yeux, Longoria avait progressivement pris un peu de recul sur le front des transferts, notamment depuis l'arrivée de Benatia.

Il s'est également de plus en plus impliqué dans les projets sociaux portés par l'OM à Marseille et a accepté un rôle grandissant auprès des instances françaises, européennes et internationales du football, avant de s'en éloigner ces derniers mois.

Car il avait perdu une part de sa popularité, de sa crédibilité et de son influence depuis son spectaculaire coup de sang d'avril 2025 à Auxerre.

Furieux contre l'arbitrage français, dont il a été un critique récurrent, il avait hurlé à la "corruption", un mot qu'il a admis regretter quelques jours plus tard. "Quand je me suis vu, je me suis senti ridicule", a-t-il aussi reconnu.

Après la vraie-fausse démission de Benatia, il n'a pas accepté d'occuper le rôle très secondaire imaginé pour lui par McCourt, qui ne l'avait pas prévenu de la réorganisation en cours.

Désormais ex-président de l'OM, il a encore toute une carrière devant lui. Car il n'a toujours que 40 ans.

(V.Korablyov--DTZ)

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