Combat à la Maison Blanche: les passionnés célèbrent un "essor incroyable" du MMA
Dans un centre d'entraînement de Virginie, à quelques kilomètres de la Maison Blanche où se tiendront dimanche des combats d'arts martiaux mixtes (MMA), un pianiste apprend des techniques d'étranglement tandis qu'un chercheur montre à ses élèves attentifs comment immobiliser ses adversaires.
"L'essor du MMA a été incroyable à voir", affirme Ryan Hall, propriétaire et entraîneur au Fifty/50 Martial Arts Academy, centre d'entraînement proche de la capitale américaine.
Dimanche, le président américain, Donald Trump, lui-même un fan de MMA, organise un tournoi, jour de son anniversaire, à la Maison Blanche.
"Un combat de l'UFC sur la pelouse de la Maison Blanche (...) Si vous m'aviez dit ça il y a 10 ans, je me serais moqué de vous!", s'exclame le propriétaire, interrogé par l'AFP sur le sujet.
Malgré - ou peut-être - grâce à sa violence, ce sport de combat mêlant plusieurs arts martiaux est passé de débuts plutôt discrets dans les années 90 à des contrats télévisuels à plusieurs milliards de dollars portés par l'UFC, organisation qui domine le monde du MMA.
Pour Josh Terao, 30 ans, cette culture du combat fait partie intégrante de la vie, dans l'arène comme en dehors.
"Je n'ai jamais été un bon élève en grandissant, mais je trouve que les arts martiaux m'ont donné la motivation nécessaire pour persévérer et relever des défis difficiles", décrit ce chercheur.
A ses côtés John Chen, pianiste de 32 ans, ajoute que le MMA l'a aidé à se détendre avant ses concerts les plus importants.
"Même si ça paraît ringard, cela me donne plus d'assurance dans la vie", avoue-t-il.
- "Combat de coqs humain" -
Le tout premier événement MMA s'est déroulé à Denver, en novembre 1993.
A cette occasion, un combattant se casse le bras, un autre reçoit de l'oxygène, tandis qu'un lutteur de sumo perd deux dents, et tout cela à la télévision.
Le Brésilien Royce Gracie finit par remporter le tournoi, mais les véritables vainqueurs sont les producteurs, qui parviennent à convaincre environ 86.000 personnes de débourser, selon les chiffres du site Tapology, 14,95 dollars - soit 34 dollars aujourd'hui - pour regarder l'événement.
Au bout du cinquième tournoi de ce genre, le nombre de spectateurs triple.
Le sénateur républicain de l'époque John McCain avait qualifié ces événements de "combat de coqs humain".
"On peut comprendre pourquoi il a dit ça", assure Ryan Hall dans son centre d'entraînement.
Mais la violence "fait partie de la magie", assure-t-il. "Je pense que c'est pour cela que ça touche les gens à un niveau si primitif".
En mars, un combat de MMA a rassemblé près de 2,5 millions de téléspectateurs, sur la grande chaîne de télévision américaine CBS, selon Sports Business Journal, une diffusion rendue possible grâce à un contrat de 7,7 milliards de dollars sur 7 ans.
- "Coup de maître" -
Les combats de dimanche dans l'arène construite à la Maison Blanche, constituent une opportunité tant pour l'UFC que pour le président américain, proche de son patron Dana White.
"Le MMA met en avant la victoire et Trump aime les gagnants", affirme à l'AFP Charles Skuba, professeur de marketing à l'université de Georgetown.
"Trump espère que les fans de MMA, surtout les plus jeunes, apprécieront son soutien (au sport, ndlr)", ajoute-t-il.
Mais tout le monde au sein de ce sport n'est pas convaincu.
Joe Rogan, l'un des podcasteurs de droite les plus connus d'Amérique, a par exemple reconnu qu'il trouvait "étrange" l'organisation de ce combat, avant de s'en enthousiasmer.
Sean Strickland, actuel champion des poids moyens de l'UFC, a affirmé avoir été exclu de l'événement pour avoir critiqué Donald Trump et son allié Benjamin Netanyahu sur la guerre en Iran que, selon lui, "aucun Américain n'approuve".
Mais selon Charles Skuba, cet événement est un "véritable coup de maître pour l'UFC".
"Les gens vont tout politiser", affirme John Chen, mais "moi je regarde simplement pour les combats".
(G.Khurtin--DTZ)