Deutsche Tageszeitung - Tour Aura: Seixas, un premier accroc en forme d'acte fondateur

Tour Aura: Seixas, un premier accroc en forme d'acte fondateur


Tour Aura: Seixas, un premier accroc en forme d'acte fondateur
Tour Aura: Seixas, un premier accroc en forme d'acte fondateur / Photo: © AFP

Venu pour remporter le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, Paul Seixas a abandonné dimanche dans la dernière étape au lendemain d'une lourde chute sur la route menant au Grand Colombier, un premier accroc autant qu'un acte fondateur dans le début de carrière supersonique du phénomène français.

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Même si elle était redoutée, la sortie prématurée du leader de la formation Decathlon CMA CGM a jeté un froid au sommet du Plateau de Solaison, terminus de ce Tour Aura (ex-Dauphiné) qui servira aussi de somptueux décor à la 15e étape du Tour de France, le 19 juillet prochain.

Les dizaines de marques "Go Seixas" peintes sur les pentes de ce col hors catégorie n'avaient pas encore toutes séché quand les fans du Lyonnais ont appris son abandon en début d'après-midi alors que le peloton abordait la montée de Brisanne, deuxième des quatre difficultés du jour après une trentaine de kilomètres.

"Paul, prends Del Toro par les cornes !". Valentin, jeune supporter habitant Brison à quelques kilomètres de la ligne a donc dû ranger sa pancarte, illustrant un duel tellement attendu entre le Mexicain d'UAE et le Français, en espérant qu'elle puisse resservir dans quelques jours sur la Grande Boucle.

Du haut de ses 19 ans, Seixas a fait montre ces derniers jours en Auvergne-Rhône-Alpes de capacités de leader que les observateurs avaient devinées depuis ses débuts chez les pros en février 2025.

Elles n'ont fait qu'être confirmées samedi lors d'une étape de galérien qu'il a bouclée malgré de multiples dermabrasions et des paumes de mains à vif après une chute à 70 km/h dans une descente.

- "On apprend dans la douleur" -

"On apprend dans la douleur. Hier, on a vu un groupe d'une solidarité exemplaire. Paul a beaucoup apprécié. À la radio, il a eu un bon message avant de quitter la course auprès de ses équipiers", a expliqué à France TV Julien Jurdie.

Le directeur sportif de Decathlon s'est dit légitimement "fier" de la performance de ses hommes, notamment d'une autre grande promesse du cyclisme français, Léo Bisiaux (21 ans), impressionnant lieutenant de Seixas, même s'il ne devrait pas faire partie de la sélection pour le Tour de France.

Samedi soir, le vainqueur de la Flèche Wallonne a tenu un discours qui a marqué les esprits.

S'il aurait pu dénoncer la fatalité, le "teenager" a pris sur lui, assumant "une connerie" de sa part en voulant remonter quelques places dans la descente.

Il s'est également excusé après de ses équipiers qui s'étaient "transcendés" pour lui permettre de rallier le Grand Colombier, et même auprès des adversaires qu'il a mis en danger.

Dimanche, alors qu'il était encore sixième au général, il a pris le départ en lançant à ses fans pressés devant le bus Decathlon un souriant "ça repart. On n'abandonne pas !".

Mais "les courbatures sont rapidement revenues", selon Jurdie, et ont rapidement eu raison de son abnégation.

- "La machine va repartir" -

C'est aussi le principe de précaution qui a prévalu dans la perspective du départ du Tour, dans pile vingt jours à Barcelone. Après quelques jours de repos, le jeune Lyonnais a prévu de retourner en altitude pour un ultime camp d'entraînement aux Arcs où il espère retrouver le grimpeur américain Matthew Riccitello, lui aussi contraint à l'abandon sur le Tour Aura, malade.

"Par précaution, on a préféré dire à Paul d'arrêter (...) On va faire un nouveau checking médical. Et après, on va prendre quelques journées de repos, et la machine va repartir", a assuré Jurdie qui, la veille de ce Tour Aura, s'était dit convaincu des capacités de leader de son jeune prodige, "qui prend de plus en plus d'assurance en s'adressant à des équipiers plus âgés que lui".

"Il est jeune. Il fera des erreurs. Mais c'est comme cela que l'on progresse avait dit le DS de façon prémonitoire.

Plus qu'un accroc, la chute de samedi ressemble à un pas de plus vers les sommets pour celui qui est vu comme le Français capable de succéder à Bernard Hinault au palmarès du Tour.

(V.Sørensen--DTZ)