Mondial-2026: les cadres de la Belgique aux ordres de Garcia
L'intérêt du collectif plutôt que l'ego des stars: le sélectionneur de la Belgique Rudi Garcia n'hésite pas à poser des choix forts concernant ses cadres (Doku, De Bruyne, Lukaku), pas toujours ménagés par l'entraîneur français à la veille du huitième de finale face aux Etats-Unis, mardi à Seattle.
En remplaçant Jérémy Doku et Kevin De Bruyne à la 56e minute du 16e de finale face au Sénégal jeudi alors que ses Diables Rouges étaient menés 2-0, Garcia n'a pas fait de sentiments.
Et il a même surpris plus d'un commentateur en se privant de ses deux armes offensives les plus redoutées, même si les deux joueurs étaient particulièrement apathiques, à l'image d'une formation noir-jaune-rouge bousculée comme jamais depuis deux ans par des Sénégalais qui semblaient se diriger vers une qualification logique au vu de la première heure de jeu.
Ces changements (Doku remplacé par Dodi Lukebakio et "KDB" par Nicolas Rasquin), en même temps que les entrées en jeu de Romelu Lukaku après la mi-temps, et de Daniel Moreira quelques minutes plus tard, ont toutefois souri, les Diables rouges égalisant en moins de trois minutes avant de s'imposer dans la prolongation (3-2).
La qualification de la Belgique comporte quelque chose d'inespéré, voire de magique - la presse belge a parlé de "miracle de Seattle" - et Garcia aurait sans doute été vilipendé si ses changements n'avaient pas eu d'effet sur l'issue de la rencontre.
- Doku fantomatique -
Si l'ancien entraîneur de Lille et de Marseille, qui reste sur une série de 17 matches sans défaite avec les Belges, est sorti grandi de cette séquence, il ne fait toutefois pas l'unanimité. Ces changements réussis "ne font pas soudainement de Garcia un héros ou un magicien", a tempéré l'ancien international Marc Degryse, consultant pour le quotidien flamand Het Laatste Nieuws, expliquant qu'on ne passe pas de "changements bizarres à remplacements spectaculairement bons".
Garcia a pourtant fait mentir ce même Degryse qui lui reprochait quelques jours plus tôt un trop grand conservatisme.
"On a joué sans Jérémy les trois matches de groupe", a-t-il par ailleurs lancé, alors que Doku était titulaire contre l'Egypte (1-1) pour le premier match des Belges puis contre la Nouvelle-Zélande (5-1).
Mais l'ailier de Manchester City est fantomatique depuis le début du tournoi, avec l'excuse d'un problème respiratoire auquel s'est ajouté un aller-retour express jusqu'à Londres pour assister à la naissance de son premier enfant en plein tournoi.
"Jérémy volait pendant la préparation. Quand un joueur est sur un pic de forme, il est proche d'avoir un problème derrière. C'est ce qui s'est passé", a analysé Garcia alors que l'ailier de Manchester City n'a que peu apprécié d'être remplacé en cours de match jeudi et devrait débuter sur le banc face aux Etats-Unis lundi à 17h00 (mardi 00h00 GMT) à Seattle.
- De Bruyne "has been" ? -
La gestion du cas De Bruyne est différente. Lui aussi très hésitant depuis le début du Mondial, le Napolitain est davantage protégé par son entraîneur.
Garcia n'a pas apprécié qu'un journal belge qualifie son joueur de "has been" après les deux premiers matches face à l'Egypte et l'Iran (0-0). Et il l'a fait savoir après la victoire face à la Nouvelle-Zélande qui a offert aux Diables la première place du groupe G.
"Voilà, ce soir, ce qu'ont réalisé les +vieux+ de la Belgique. Je n'ai pas apprécié qu'on les traite de has been. Des joueurs de cette qualité-là, on les encourage", a tonné Garcia.
Quant à l'autre star de la Belgique, Romelu Lukaku, il n'a toujours pas débuté le moindre match, Garcia l'utilisant, avec succès, comme "supersub". Le meilleur buteur de l'histoire de la sélection (92 buts en 130 sélections), conscient qu'il n'est pas capable de tenir 90 minutes après une saison quasi blanche à Naples, ne fait pas de vagues.
Mais les 75 minutes disputées face au Sénégal (une mi-temps et la prolongation) en font désormais un candidat à une place dans le onze de départ face aux USA. Ce sera à Garcia de décider, peu importe la pression mise par les observateurs.
(M.Travkina--DTZ)