Deutsche Tageszeitung - Euro d'athlétisme: beaucoup de finalistes, des médailles mais pas d'or... bilan mitigé pour les Bleus

Euro d'athlétisme: beaucoup de finalistes, des médailles mais pas d'or... bilan mitigé pour les Bleus


Euro d'athlétisme: beaucoup de finalistes, des médailles mais pas d'or... bilan mitigé pour les Bleus
Euro d'athlétisme: beaucoup de finalistes, des médailles mais pas d'or... bilan mitigé pour les Bleus / Photo: © AFP

Avec 11 médailles dont aucune en or, le bilan français aux Championnats d'Europe d'athlétisme à Birmingham reste inquiétant avant les Mondiaux-2027 à Pékin et à deux ans des JO-2028, même si la nouvelle équipe à la tête du haut niveau garde espoir d'un rebond à court terme.

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Elles sont loin, les soirées romaines à trois médailles françaises. Dans la capitale italienne, en 2024, à un mois des Jeux olympiques à domicile, les Bleus avaient montré un visage prometteur à l'Euro avec 16 médailles dont quatre titres, nourrissant les espoirs d'un renouveau après des années difficiles.

L'enthousiasme avait été douché quelques semaines plus tard à Paris, où le "home advantage" tant attendu n'a pas eu lieu (une seule médaille d'argent) et deux ans plus tard, Rome constitue une exception dans une série de championnats aux bilans plus tristes, avec Jimmy Gressier comme unique sauveur des Bleus aux Mondiaux-2025 (or du 10.000 m, bronze du 5.000 m).

Au niveau européen, les Français ont normalement plus de place pour s'exprimer mais il n'ont pas forcément réussi à le faire à Birmingham: avec 11 médailles dont aucune en or, le bilan est similaire à celui de l'Euro-2022 à Munich (9 médailles, 0 or). Avant ces deux éditions, il faut remonter à 1982 pour trouver une campagne européenne aussi maigre.

- "Pas d'athlète dominant" -

"Ce n'est ni un grand soleil radieux, ni une éclipse totale", veut croire le DTN de la Fédération française d'athlétisme Frank Bignet, qui estime que l'équipe de France, 19e au tableau des médailles dominé par l'Italie et le Royaume-Uni, était "à sa place" en Angleterre.

"Au tableau des médailles, sans or, on rétrograde sévèrement", a-t-il admis. "Tout l'enjeu va être de trouver les solutions qui doivent permettre aux athlètes de jouer les médailles ou le titre", a estimé celui qui est arrivé l'année dernière à la DTN d'un athlétisme tricolore déjà pas en grande forme.

Certaines têtes d'affiches ont été au rendez-vous: Alice Finot (argent du 3.000 m steeple), Just Kwaou-Mathey (argent du 110 m haies) ou encore Hilary Kpatcha (bronze à la longueur) et Marie-Julie Bonnin (perche) sont allés chercher le podium qu'on attendait d'eux.

A l'inverse, d'autres sont passés à côté, comme Gabriel Tual (800 m) et Alexis Miellet (3.000 m steeple), champions d'Europe à Rome mais éliminés dès les demies ou encore Yann Chaussinand, deuxième meilleur performeur mondial de l'année en marteau et détenteur du record de France depuis juin, seulement 9e de sa finale.

Pour Jimmy Gressier, le bilan est mitigé. Il repart certes avec le bronze du 10.000 m mais on attendait mieux du champion du monde du 10.000 m, également médaillé sur 5.000 m à Tokyo et qui avait annoncé un doublé doré à Birmingham.

"On a une équipe de France performante mais qui n'a pas d'athlète dominant, chaque concours, chaque course est une conquête (...) On n'a pas une Nadia Battocletti (double double championne d'Europe 5.000/10.000), ni d'Armand Duplantis. La question, c'est comment on fait pour avoir ce genre d'athlètes ?", interroge-t-il, sans donner de réponse.

- Beaucoup de finalistes -

Quelques signes laissent cependant présager des jours meilleurs, comme la quatrième place de la France à la "placing table" qui prend en compte le top-8 européen.

Sur 80 athlètes présents en Angleterre, la France compte 41 places de finalistes (top-8) dont sept 4e places, soit plus que certaines grosses nations européennes comme les Pays-Bas, l'Espagne ou la Norvège. Au nombre total de médailles, la France pointe à la cinquième position.

Par ailleurs, certains athlètes moins attendus ont concrétisé à l'international, à l'image d'Etienne Daguinos en bronze sur 5.000 m là où on attendait Jimmy Gressier, ou encore de Baptiste Thiery à la perche quand Thibaut Collet sortait dès les qualifications.

Le staff fédéral met en avant les performances de la jeune génération, dont certains portaient pour la première fois le maillot de l'équipe de France chez les seniors. Adèle Gay (1.500 m), Clara Entresangle (3.000 m steeple), Bérénice Petit (perche) sont ainsi allées chercher des jolies places de finalistes.

"Il va falloir les accompagner au mieux sur les deux prochaines années", estime Bignet, qui parle déjà de la génération 2032 et des bons résultats des Bleuets aux récents Mondiaux U20 (6 médailles dont 2 or).

"Le temps est précieux, il y a de l'urgence", selon lui.

(A.Nikiforov--DTZ)

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