Deutsche Tageszeitung - L'UTMB en moins de 18 heures, "la prochaine frontière" pour Ben Dhiman

L'UTMB en moins de 18 heures, "la prochaine frontière" pour Ben Dhiman


L'UTMB en moins de 18 heures, "la prochaine frontière" pour Ben Dhiman
L'UTMB en moins de 18 heures, "la prochaine frontière" pour Ben Dhiman / Photo: © AFP

"Je pensais avoir mis ma montre en pause": vainqueur de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, l'Américain Ben Dhiman a raconté dimanche à l'AFP n'avoir "pas du tout absorbé" le fait d'être devenu le premier à terminer la course en moins de 19 heures, affirmant que la "prochaine frontière" serait "les 18 heures".

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QUESTION: Comment se sent-on un jour après avoir parcouru 174 kilomètres et 10.000 m de dénivelé positif en 18 heures et 16 minutes ?

RÉPONSE: "Je suis bien fatigué, c'est sûr, j'ai les jambes complètement défoncées. Et je n'ai pas encore vraiment réalisé ce qu'il s'est passé. C'était complètement dingue de vivre ces émotions hier (samedi), mais pour moi, c'est comme n'importe quelle autre course: tu finis, tu es épuisé, il faut manger, dormir, avant que tout ça rentre vraiment dans la tête."

Q: Vous vous êtes retrouvé seul en tête assez rapidement, c'était votre stratégie ?

R: "Le début a été comme mes trois tentatives précédentes. On est parti sur un rythme d'environ 3 minutes 30 secondes au kilomètres sur le plat et on avait un bon groupe. Cela ressemblait à une sortie longue entre potes. La stratégie c'était de rester avec ce groupe, d'attaquer bien plus tard. Mais je me suis retrouvé seul après les Contamines (32e km, ndlr). Normalement quand tu fais partie des favoris, on ne te laisse pas partir. Là, j'ai vu qu'il y avait un décalage et j'ai décidé de faire ma course, car je connais le parcours par coeur désormais".

Q: A l'arrivée, vous avez expliqué n'avoir eu "aucun respect" pour le tracé. Comment êtes-vous passés de cette sortie longue entre potes à une mentalité de tueur ?

R: "Une partie de la stratégie, c'était de pousser dans la descente du Col du Bonhomme, parce que pour moi c'est de la +vitesse gratuite+, tu peux vraiment appuyer là-dessus. Je me suis bien entraîné pour encaisser les impacts. Je pense que c'est là que ça s'est déclenché. Après, il y a eu des phases où je gérais, où j'étais régulier, et des moments où je décidais d'accélérer encore."

Q: Vous avez longtemps couru de nuit, seul, avant de retrouver la foule. Comment on vit entre ces deux mondes ?

R: "On n'a pas le choix. Tu traverses des endroits sauvages et calmes - et ça, c'est plutôt mon truc, j'aime les grands espaces. Puis tu passes devant le public, c'est intense, il y a beaucoup de bruit: ça peut devenir une distraction. Je me suis même dit, à un moment, que ce serait presque utile de faire semblant de mettre des bouchons d'oreilles. Mais à Vallorcine, quand tu tournes vers Chamonix, c'est là que je laisse tout entrer, pour finir la course avec ça."

Q: Vous avez découvert le trail sur le tard. Comment l'UTMB est devenu votre obsession ?

R: "Pour moi, un champion de cette course représente un coureur complet: quelqu'un capable d'endurer une distance exigeante, mais aussi de gérer la pression devant tout le monde, d'être bon en descente, en montée, sur le plat. Il faut être fort partout."

Q: À un moment, avez-vous réalisé l'ampleur de votre performance?

R: "Oui, il y a eu des moments où j'ai regardé ma montre et je me suis dit: +peut-être que j'ai mis en pause par erreur+, parce que j'allais tellement vite - je passais des étapes avec des chiffres que je n'aurais jamais pensé possibles. À la montée de La Flégère, il y avait beaucoup de monde, et des gens me demandaient si j'allais passer sous les 19 heures. Je me suis dit: largement, oui. La prochaine frontière, ce sera les 18 heures... Cette année on a eu une météo parfaite, cela a bien aidé".

Q: Est-ce que vous avez déjà une idée de la suite pour vous ?

R: "J'ai de bonnes jambes maintenant, il faut couper un peu, reprendre tranquillement. Mais ce serait cool de faire une autre course cette année, je ne sais pas encore laquelle. Et peut-être l'année prochaine, ou l'année d'après, je reviendrai ici. Une victoire, c'est cool; deux, encore mieux; trois, peut-être, on verra. Je pense que c'est la meilleure course qui soit, donc ce serait cool de refaire des éditions après."

(I.Beryonev--DTZ)

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