Deutsche Tageszeitung - A Dublin, Trump crée la surprise en plaidant pour une Irlande "unifiée"

A Dublin, Trump crée la surprise en plaidant pour une Irlande "unifiée"


A Dublin, Trump crée la surprise en plaidant pour une Irlande "unifiée"
A Dublin, Trump crée la surprise en plaidant pour une Irlande "unifiée" / Photo: © AFP

De passage en Irlande pour une visite qui s'annonçait davantage consacrée au golf qu'à la diplomatie, Donald Trump a comme souvent pris son monde de court en plaidant pour une Irlande "unifiée".

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Le dirigeant républicain, en déplacement avant tout pour assister à l'Open d'Irlande organisé dans un complexe appartenant à sa famille, s'est invité samedi dans un débat particulièrement délicat en disant qu'il "aimerait beaucoup" voir une Irlande "unifiée", lors d'un point presse avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin à Dublin.

"Je pense que ce serait fantastique", a lancé le dirigeant américain, alors qu'un journaliste lui demandait son opinion sur une unification de la république d'Irlande et de l'Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni.

Les Etats-Unis affichaient jusqu'ici une position de neutralité sur ce dossier.

"Il faut qu'il arrête les tueries (à Gaza) et après il pourra parler d'unifier l'Irlande", a réagi auprès de l'AFP Bob O'Connell, un retraité de 70 ans qui participait à une manifestation contre le président américain dans le centre de Dublin, coiffé d'une casquette "Free Palestine".

Londres s'en tient aux accords de paix signés en 1998 pour mettre fin aux hostilités en Irlande du Nord, selon lesquels un référendum peut être mené si une majorité d'habitants de la province britannique est susceptible d'approuver une unification.

Ce n'est "pas d'actualité", tranchait encore récemment le Premier ministre britannique Andy Burnham. Downing Street n'a pas directement réagi aux déclarations de Trump, renvoyant aux propos de M. Burnham.

Un sondage de mai 2026 de l'Institut des études irlandaises de l'université de Liverpool donnait seulement 35% des Nord-Irlandais favorables à une unification.

Dans un discours ensuite à l'ambassade américaine à Dublin, Donald Trump a savouré l'attention médiatique portée à ses propos. "C'est une de ces questions où, quoi que vous disiez (...), il n'y a pas de bonne réponse", a-t-il dit en riant.

Le président américain s'était aventuré récemment sur un autre sujet brûlant pour Londres, en se disant ouvert à toute éventualité sur les Malouines, archipel de l'Atlantique sous administration britannique de fait mais dont l'Argentine revendique la souveraineté.

Samedi, il a jugé qu'il serait "capable de régler" un éventuel conflit autour de ce territoire, pour lequel le Royaume-Uni et l'Argentine se sont fait la guerre en 1982.

- Manifestation -

Au moins 4.000 policiers et membres des forces de sécurité sont mobilisés pour cette visite.

La manifestation d'opposition au président américain a rassemblé plusieurs milliers de personnes, selon une estimation de l'AFP, beaucoup brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes "Trump n'est pas le bienvenu".

Donald Trump "est un va-t-en guerre. Il n'a aucun droit d'être dans mon pays", a dit à l'AFP Cilian Whelan, étudiant de 19 ans.

La cause palestinienne, que l'Irlande défend avec une ardeur particulière sur la scène internationale, a aussi été évoquée de manière implicite par la présidente irlandaise Catherine Connolly, qui a reçu brièvement le dirigeant républicain samedi matin.

Cette figure de la gauche irlandaise, qui a critiqué Trump dans le passé, lui a offert un recueil de Michael Longley, poète de Belfast mort en 2025, connu pour un sonnet écrit pendant les Troubles en Irlande du Nord, intitulé "Ceasefire" (Cessez-le-feu).

Elle lui a aussi fait savoir que "la normalisation de la guerre et du génocide ne pouvait jamais être acceptée", selon un communiqué de la présidence.

La rencontre avec Micheal Martin a été plus chaleureuse.

Donald Trump a assuré avoir une "excellente" relation avec le Premier ministre irlandais, en dépit de différends sur de nombreux sujets, dont le commerce ou le Moyen-Orient.

Après son entrevue avec le Taoiseach, titre du chef du gouvernement en irlandais, le président américain a pris le chemin de son golf de Doonbeg, sur la côte ouest, où il séjournera jusqu'à dimanche.

Le milliardaire, qui n'hésite jamais à promouvoir ses affaires privées, a vanté les mérites de sa propriété au côté du Premier ministre irlandais, assurant que ce golf était "considéré comme l'un des meilleurs au monde."

Quelque 40.000 spectateurs sont attendus pendant le week-end. Le président américain pourrait remettre lui-même le trophée dimanche soir.

(I.Beryonev--DTZ)

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