Besançon: naissance "rarissime" d'un lémurien menacé
Agrippé à la fourrure de sa mère, les yeux vifs et les oreilles duveteuses, un bébé grand hapalémur, une espèce de lémurien en danger critique d'extinction, fait ses premières sorties au zoo de Besançon où il est né début mai, a constaté jeudi l'AFP.
La naissance du petit animal est "un événement d'une grande rareté et un rempart direct contre l'extinction définitive de l'espèce", selon les équipes du parc zoologique du muséum de la Citadelle de Besançon, spécialisé dans la sauvegarde des lémuriens.
Le grand hapalémur, un primate au pelage marron-gris et aux yeux noisette qui se nourrit de bambous, est l'un des lémuriens les plus menacés de la planète. Surnommé "petit panda de Madagascar", il est classé depuis 1996 "en danger critique d'extinction" par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), et a frôlé la disparition totale.
Le bébé né le 6 mai, dont les soigneurs ne connaissent pas le sexe, vit avec sa mère, son père et sa tante dans une grande cage agrémentée de verdure, de branches et d'accessoires en bois.
C'est le premier petit de Tsingy, jeune femelle de 3 ans. Dès la naissance, elle a eu les bons réflexes et son bébé est monté à la mamelle pour s'alimenter. "Elle est très protectrice, ce qui est une bonne chose", observe l'un de ses soigneurs, Kevin Faivre-Chalon. Le père, Dakari, "a envie de voir son petit, il est intrigué et curieux", mais Tsingy ne le laisse pas s'approcher, remarque-t-il.
Seule "une quarantaine" d'individus de l'espèce "grand hapalémur" sont préservés en captivité dans le monde, tous en Europe, et entre 1.000 et 1.500 spécimens vivent à l'état sauvage dans "une petite zone du centre-est de Madagascar", selon Margaux Pizzo, responsable du parc zoologique.
L'animal est menacé par "à la fois la déforestation, le braconnage et d'autres problématiques majeures comme le changement climatique" ou plus récemment les "forts cyclones qui ont impacté les forêts où vit cette espèce", précise-t-elle.
L'objectif du muséum bisontin est ainsi "de préserver une diversité génétique au sein de la population captive et de préserver aussi les comportements les plus naturels possibles" de l'animal. L'enjeu est "d'avoir une population de sauvegarde" et de "mieux connaître l'espèce pour mieux la préserver dans la nature", souligne Mme Pizzo.
Depuis 2005, l'établissement a vu naitre sept bébés grand hapalémur, mais la dernière naissance remontait à 2013.
(T.W.Lukyanenko--DTZ)