Deutsche Tageszeitung - Macron et Merz s'affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense

Macron et Merz s'affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense


Macron et Merz s'affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense
Macron et Merz s'affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense / Photo: © POOL/AFP

Face au compte-à-rebours pour les exportations européennes menacées de surtaxes américaines, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont affiché mercredi un front uni dans la réponse à Washington mais constaté de profondes divergences sur un important projet de défense européen.

Taille du texte:

Les dirigeants des deux premières économies de l'UE se sont retrouvés pour un dîner de travail dans le nord de Berlin, une discussion de trois heures "très intense, très amicale et confiante", selon la chancellerie allemande.

Paris et Berlin mettent volontiers en avant le nouvel élan de leur relation liée à l'arrivée du conservateur Friedrich Merz à la chancellerie. C'était le premier déplacement du chef de l'Etat français en Allemagne depuis l'investiture de M. Merz début mai.

Plat de résistance de la rencontre: les difficiles négociations commerciales avec l'administration de Donald Trump qui a fixé la date butoir du 1er août pour de possibles surtaxes de 30% sur les exportations européennes aux Etats-Unis.

"Le moment ne saurait être mieux choisi" pour évoquer cette question, a souligné le chancelier selon qui "des décisions" imminentes pourraient être prises entre le négociateur en chef de l'Union européenne, Maros Sefcovic, qui défend la position des 27 membres de l'Union, et ses interlocuteurs américains.

Alors que la France pousse Bruxelles à adopter une position ferme pour faire pression sur Washington, d'autres pays, comme l'Allemagne, insistent sur l'importance de la désescalade avec les Etats-Unis.

Au final, le président français et le chancelier allemand "ont mis en évidence leur vision commune des négociations", a affirmé le porte-parole de Friedrich Merz à l'issue de la rencontre.

Tous deux "sont d'accord pour se réserver d'autres instruments de politique commerciale si les négociations n'aboutissent pas et sont également prêtes à élaborer de nouvelles mesures", a-t-il ajouté.

- Rendez-vous en août à Toulon -

Constat de désaccord franco-allemand, en revanche, sur l'avion de combat du futur (Scaf), un projet phare pour la défense du continent, dont le développement patine, bien que Paris et Berlin veuillent être les moteurs du réarmement de l'Europe.

Le groupe aéronautique Dassault, qui représente la France dans ce projet, a fait savoir qu'il doutait de l'avenir et de la viabilité du programme, qui est encore loin de toute phase de prototype.

Dassaut réclame un "vrai leader" industriel, plutôt que l'architecture actuelle entre "trois +co-co-co+" partenaires, selon les propos cette semaine de Eric Trappier, le PDG du groupe. Côté allemand, le projet est porté par Airbus via sa branche Defense and Space. Le troisième partenaire est l'Espagne.

Friedrich Merz insiste lui sur la nécessité de "respecter les accord conclus" sur le partage des tâches.

Le Scaf a pour objectif de remplacer le Rafale en France et Eurofighter en Allemagne et en Espagne à l'horizon de 2040.

Pour tenter d'éviter l'échec pur et simple du programme, les deux ministres de la Défense français et allemand ont été chargés "d'évaluer d'ici fin août les perspectives réalistes de poursuite de la coopération au sein du consortium et de soumettre des propositions pour le règlement des conflits existants", a indiqué la chancellerie.

Avec l'idée d'en tirer des conclusions lors du Conseil des ministres franco-allemand qui se déroulera les 28-29 août en France, à Toulon, dont la rade abrite une des deux grandes bases navales françaises.

- Axe Berlin-Paris-Londres -

Paris et Berlin n'ont pas non plus aplani toutes leurs divergences sur la politique énergétique, un sujet qui les divise de longue date, même si des rapprochements sont esquissés.

La France insiste particulièrement sur le concept de "neutralité technologique" pour que le nucléaire fasse l'objet d'un traitement similaire à celui des énergies renouvelables dans la législation européenne.

Le classement du nucléaire en énergie "verte" au niveau de l'UE a été par le passé un point de désaccord majeur entre Français et Allemands.

En difficulté sur le plan intérieur, où sa coalition est confrontée à ses premières turbulences, le chancelier allemand continue de vouloir renforcer le poids de l'Allemagne sur la scène internationale.

Très critique d'une Union européenne freinée par ses règles et ses querelles internes, il mise sur le renforcement d'un axe avec Paris et Londres, où il s'est rendu en juillet - comme Emmanuel Macron - pour faire avancer des initiatives communes.

(A.Nikiforov--DTZ)

En vedette

Fraude aux aides agricoles en Grèce: Mitsotakis demande au parquet européen d'agir "sans délai"

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a demandé lundi au parquet européen d'engager "sans délai" d'éventuelles poursuites contre des députés, dont il a demandé la levée de l'immunité parlementaire dans le cadre d'une enquête sur une fraude présumée aux aides agricoles de l'UE.

Vietnam: le Parlement se réunit pour entériner les nouveaux dirigeants de l'Etat

Le Parlement vietnamien a réélu lundi à sa tête Tran Thanh Man pour un second mandat, à l'ouverture d'une session parlementaire qui doit aussi confirmer la nomination des principaux dirigeants de l'Etat, notamment le Premier ministre choisi par le Parti communiste mais pas encore annoncé.

L'Iran, État terroriste sans droit d'exister

Au printemps 2026, peu après les frappes aériennes américaines et israéliennes qui ont visé les dirigeants iraniens, les forces armées iraniennes ont bloqué le détroit d'Ormuz. Cette voie maritime d'importance mondiale, par laquelle transite environ un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié commercialisés, a été bloquée. Cela a ébranlé les marchés énergétiques mondiaux ; les prix ont grimpé en flèche et les chaînes d'approvisionnement ont été interrompues.Le président américain Donald Trump a réagi en posant un ultimatum. Dans un message virulent, il a exigé la réouverture immédiate de ce « maudit détroit », faute de quoi les centrales électriques et les ponts iraniens seraient bombardés. Il a annoncé une « journée d’électricité et des ponts » et a menacé de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre. Entre-temps, il a repoussé son délai en raison des négociations en cours, mais a maintenu ses menaces.Le fait que le 45e et désormais 47e président américain Donald Trump, critiqué pour son langage parfois grossier, ait tout à fait raison dans ce cas, est démontré par le fait que le régime terroriste iranien prend en otage l’économie mondiale en bloquant l’importante voie maritime du détroit d’Ormuz, ce qui rend tout à fait compréhensible que Trump suggère de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre à l’aide des forces armées américaines.Les juristes et les organisations de défense des droits de l’homme ont averti que les attaques contre des infrastructures vitales – réseaux électriques, stations de traitement des eaux, dépôts alimentaires – enfreignent le droit international humanitaire, mais ils oublient que c’est précisément l’Iran qui bafoue ce droit international depuis des décennies. Le régime terroriste iranien rétorque d’ailleurs que toute attaque entraînera des représailles contre des installations énergétiques au Koweït, à Bahreïn et aux Émirats. Les mollahs terroristes et leurs satrapes dociles à Téhéran ont également menacé de fermer le détroit de Bab al-Mandab, un autre point stratégique maritime. Auparavant déjà, des drones et des missiles iraniens avaient frappé des installations au Koweït et à Bahreïn.

L'Iran sous la pression de Trump, le chef des Renseignements des Gardiens de la Révolution tué

Le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution iraniens a été tué lundi dans une frappe israélienne, au moment où Washington accentue ses menaces sur l'Iran qui poursuit ses attaques contre Israël et le Golfe.

Taille du texte: