Deutsche Tageszeitung - Pour le Hamas, l'avenir de Gaza est lié à l'arrêt de "l'agression" israélienne

Pour le Hamas, l'avenir de Gaza est lié à l'arrêt de "l'agression" israélienne


Pour le Hamas, l'avenir de Gaza est lié à l'arrêt de "l'agression" israélienne
Pour le Hamas, l'avenir de Gaza est lié à l'arrêt de "l'agression" israélienne / Photo: © AFP

Le Hamas a affirmé que toute discussion sur l'avenir de Gaza devrait commencer par l'arrêt de "l'agression" israélienne, après la réunion inaugurale du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump, tandis qu'Israël pose comme condition le désarmement du mouvement islamiste palestinien.

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Créé à l'origine pour aider à la reconstruction de la bande de Gaza après la guerre entre Israël et le Hamas, le "Conseil de paix" s'est réuni pour la première fois jeudi à Washington pour discuter du financement de cet immense chantier et de l'envoi de milliers de militaires étrangers chargés de stabiliser le territoire palestinien.

Aucun calendrier n'a cependant été annoncé, après plus de quatre mois d'une trêve fragile entrée en vigueur le 10 octobre.

Aux termes du plan du président américain visant à mettre fin définitivement à la guerre, l'armée israélienne s'est retirée de près de la moitié de la bande de Gaza et garde le contrôle de sa partie est et des zones frontalières avec l'Egypte et Israël.

Une vidéo générée par intelligence artificielle et diffusée pendant la réunion de Washington montre à l'horizon de 10 ans des images de la bande de Gaza hérissée de gratte-ciel, accompagnées d'un commentaire décrivant un territoire "autonome", "relié au reste du monde", "sécurisé, prospère et en paix".

- Exigences contradictoires -

Mais dans la bande de Gaza en ruines, la reconstruction se fait attendre, les échanges de tirs restent quotidiens et le poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte sur le monde extérieur, n'a rouvert que très timidement.

La mise en oeuvre de la deuxième phase du plan, pourtant annoncée le 14 janvier par les Etats-Unis, reste très hypothétique, Israël comme le Hamas maintenant des exigences contradictoires.

"Tout processus politique ou tout arrangement" concernant Gaza doit commencer par "l'arrêt total de l'agression" israélienne, "la levée du blocus et la garantie des droits nationaux légitimes de notre peuple", a prévenu le Hamas jeudi.

Selon le mouvement, la réunion du "Conseil de paix" à Washington, "alors que se poursuivent les crimes de l'occupation (Israël, ndlr) et ses violations répétées de l'accord de cessez-le-feu impose à la communauté internationale (...) de prendre des mesures concrètes l'obligeant à mettre fin à son agression, à ouvrir les points de passage, à laisser entrer l'aide humanitaire sans restrictions et à entamer immédiatement la reconstruction" de Gaza.

La deuxième phase du plan Trump prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne et le déploiement d'une Force internationale de stabilisation.

Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a insisté jeudi sur la nécessité de désarmer le Hamas avant toute reconstruction.

Or le mouvement islamiste, qui s'était emparé du pouvoir par la force à Gaza en 2007, refuse tout désarmement aux conditions posées par Israël.

"Nous sommes convenus avec notre allié, les Etats-Unis, qu'il n'y aurait pas de reconstruction de Gaza avant la démilitarisation de Gaza", a affirmé M. Netanyahu, qui était représenté à Washington par son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

- "Projet colonial" -

Lors de la réunion, M. Trump a annoncé que plusieurs pays, majoritairement des monarchies arabes du Golfe, avaient promis "plus de sept milliards de dollars" pour reconstruire Gaza.

Cette réunion a également dessiné les contours de la future force de stabilisation sous commandement américain, qui pourrait compter jusqu'à 20.000 soldats dont 8.000 Indonésiens.

Mais nombre de Palestiniens de la bande de Gaza s'inquiètent de voir leur avenir décidé sans eux, tandis que des experts et représentants étrangers se disaient sceptiques face à l'approche du "Conseil de paix", doté d'une mission très vague de résolution des conflits dans le monde.

"Je trouve que ce qui émerge à travers le Conseil de la Paix est profondément préoccupant", a souligné Hugh Lovatt, chercheur au Conseil européen des relations internationales, en évoquant "un projet colonial dans la mesure où il tente d'imposer une vision économique étrangère sur un territoire".

Pour l'ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, "il est difficile de prendre le Conseil de paix au sérieux".

"Pas de représentation palestinienne, pas de femmes à la tribune, des projets de reconstruction liés au désarmement du Hamas qui n'a pas lieu", a-t-il commenté sur X.

(V.Korablyov--DTZ)

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