Deutsche Tageszeitung - A l'écran aussi, une Berlinale marquée par le conflit israélo-palestinien

A l'écran aussi, une Berlinale marquée par le conflit israélo-palestinien


A l'écran aussi, une Berlinale marquée par le conflit israélo-palestinien
A l'écran aussi, une Berlinale marquée par le conflit israélo-palestinien / Photo: © AFP

Touché une nouvelle fois par une polémique en lien avec le conflit au Proche-Orient, le festival du film de Berlin n'a pas esquivé le sujet dans sa programmation, avec plusieurs oeuvres présentées hors compétition.

Taille du texte:

Comme les années précédentes, l'ombre du conflit s'est projetée sur l'évènement dès l'ouverture, et l'affirmation du président du jury Wim Wenders selon laquelle le cinéma devait "rester en dehors de la politique" dont il est "l'opposé".

Le désaccord exprimé publiquement par des personnalités comme l'écrivaine indienne Arundhati Roy, l'acteur espagnol Javier Bardem et l'actrice britannique Tilda Swinton a mis la direction du festival dans un grand embarras.

Cette dernière a défendu son jury et rejeté les accusations, reprises par Bardem et Swinton entre autres, de censure d'artistes qui dénonceraient le "génocide" commis selon eux par Israël à l'encontre des Palestiniens.

Samedi midi, lors de la remise des prix des jurys indépendants, le réalisateur mexicain Fernando Eimbcke, récompensé deux fois pour "Moscas", a demandé "à tous les gouvernements" et organisations "d'élever leur voix" face aux "plus de 17.000 enfants tués à Gaza au cours des deux dernières années".

Dans la programmation 2026, deux films se concentrent sur des ramifications du conflit en Occident.

- Attentat non élucidé -

Dans le documentaire "Who Killed Alex Odeh?" (Qui a tué Alex Odeh?"), les Américains Jason Osder et William Lafi Youmans enquêtent sur l'assassinat d'un activiste américano-palestinien en 1985.

Directeur régional de l'American-Arab Anti-Discrimination Committee (ADC), Alex Odeh avait été tué lors d'un attentat à la bombe visant les bureaux de son organisation en Californie.

Riche en archives, le film met en avant le témoignage au Congrès américain d'un responsable du FBI de l'époque, qui affirme que "des membres d'un courant extrémiste juif" se cachent vraisemblablement derrière l'attentat, pour lequel personne n'a jamais été condamné.

Le film montre comment les soupçons se sont portés sur plusieurs membres de la Jewish Defense League, un groupe d'extrême droite fondé par le rabbin Meir Kahane, lui-même assassiné en 1990.

Traitant d'un événement survenu il y a plus de 40 ans, le film a pourtant "une forme d'urgence brûlante" compte tenu de l'influence grandissante de l'idéologie de Meir Kahane en Israël, a estimé William Lafi Youmans dans un entretien à l'AFP.

L'actuel ministre de la Sécurité israélien, Itamar Ben Gvir, l'un des membres les plus radicaux de la coalition gouvernementale, a auparavant milité pour le parti politique désormais interdit de Meir Kahane, Kach, et s'est fait connaître pour ses propos violemment anti-arabes.

M. Youmans, a qui l'AFP a demandé s'il avait hésité à venir à Berlin en raison de la polémique touchant le festival, a considéré que le meurtre d'Alex Odeh était "une histoire nécessaire à raconter".

Retirer le film aurait été un acte "auto-destructeur", ajoute-t-il.

Selon M. Youmans, l'Allemagne, pays à la sensibilité particulière vis-à-vis du conflit compte tenu de sa responsabilité dans la Shoah, compte désormais une opinion publique "plus prête à remettre en question le soutien inconditionnel à Israël, plus disposée à faire preuve de solidarité avec les Palestiniens".

- "Rare" collaboration -

Dans "Where To?", du réalisateur israélien Assaf Machnes, le conflit est là aussi en toile de fond.

Le film suit Hassan, chauffeur de taxi palestinien de 55 ans, incarné avec chaleur et subtilité par Ehab Salami, au service de noctambules berlinois.

Il noue un lien inattendu avec un client israélien, Amir, jeune homme paumé interprété par Ido Tako, ce qui amène Hassan à réfléchir à ses propres choix de vie.

Ehab Salami étant un Palestinien vivant en Israël, le film est le fruit d'une collaboration "très, très rare" dans le cinéma israélien, a dit Assaf Machnes à l'AFP.

"Les acteurs qui passaient les auditions" pour incarner le chauffeur de taxi "avaient très soif d'un rôle de ce type", souligne-t-il.

Le scénario est partiellement inspiré par sa rencontre avec un chauffeur de taxi palestinien à Berlin.

Si Machnes dit ne pas considérer son propre travail comme intrinsèquement politique, il souligne avec humour qu'"en Israël, si vous filmez un chat en train de boire du lait, c'est politique".

Reconnaissant l'impossibilité d'échapper au "contexte politique", il explique s'efforcer d'éviter toute "intention de prêcher".

Ehab Salami a dit espérer que le gouvernement israélien suivrait le message d'empathie délivré par le film pour "ouvrir la voie à la paix… et à quelque chose de différent".

(V.Korablyov--DTZ)

En vedette

Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro veulent croire à une victoire dès dimanche

Le président brésilien de gauche Lula et son rival conservateur Flavio Bolsonaro ont bouclé samedi leurs campagnes par de grands bains de foule, confiants en une victoire dès dimanche au premier tour d'une présidentielle qui s'annonce serrée.

Les Houthis disent avoir ciblé un site d'Aramco à Ryad, après des raids saoudiens sur Sanaa

Les Houthis pro-iraniens ont affirmé avoir ciblé samedi un site du géant pétrolier Aramco à Ryad, d'où des flammes se sont élevées selon un journaliste de l'AFP, après avoir imputé à l'armée saoudienne 26 raids aériens sur Sanaa, la capitale yéménite qu'ils contrôlent.

Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leurs campagnes avant un scrutin serré

Bains de foule avant le grand plongeon : le président brésilien de gauche Lula et son rival conservateur Flavio Bolsonaro ont cherché à galvaniser leurs partisans en bouclant samedi leurs campagnes, à la veille du premier tour d'une élection qui s'annonce serrée.

Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire

Les troupes fédérales éthiopiennes sont entrées samedi dans Mekele, capitale de l’État régional éthiopien du Tigré (nord), largement abandonnée plus tôt par les forces des autorités régionales rebelles qu'elles combattent depuis le 23 septembre, a indiqué à l'AFP une source humanitaire.

Taille du texte: