Deutsche Tageszeitung - A Nancy, l'hôpital où les enfants ont leur chaîne de télé

A Nancy, l'hôpital où les enfants ont leur chaîne de télé


A Nancy, l'hôpital où les enfants ont leur chaîne de télé
A Nancy, l'hôpital où les enfants ont leur chaîne de télé / Photo: © AFP

Un moment "d'évasion" pour des bambins enfermés dans leur chambre mais qui fait aussi "partie du soin": chaque mois, une émission télé participative est tournée au sein de l'hôpital pour enfants de Nancy, qui possède son propre studio.

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A l'entresol, en-dessous des chambres, se trouve un studio télé: un fond vert, des caméras, des jeux, du mobilier ou encore une régie composent l'espace, avec du matériel professionnel.

"Peu d'hôpitaux" possèdent un tel équipement, sourit Marie-Hélène Petit, éducatrice à l'hôpital et présentatrice de l'émission tournée en direct deux heures par mois.

Depuis 2012 et l'installation du studio dans cet hôpital comptant quelque 150 lits, des partenaires invités par le CHRU viennent animer une émission, retransmise dans les chambres.

Cette fois, il s'agit du muséum-aquarium de Nancy. Au travers d'animations, de jeux et d'interludes musicaux, les enfants en apprendront beaucoup sur "les bêtes qui volent".

"On essaie de leur amener un petit peu le musée dans leur chambre et de leur donner envie de venir nous voir après, parce qu'il n'y a quand même rien de tel que de mettre les pieds au musée pour découvrir encore plus de choses", résume l'intervenant du jour, Pierre-Marie Verjus, chargé de médiation aux musées scientifiques du Grand Nancy.

- 33 ans de magie -

La magie opère depuis 33 ans. Mme Petit a vu le projet naître, d'abord pour "apporter le monde extérieur à l'hôpital": un caméscope, un magnétoscope, une table de montage, une table d'effets spéciaux et de la détermination ont permis la création de Télé 8, canal créé par et pour le CHRU de Nancy.

"Ça dure parce que l'hôpital nous suit, et l'hôpital nous suit parce que ça fait vraiment partie du soin" pour l'enfant, de suivre et participer à ce type d'émission qui offre un peu "d'évasion".

Un numéro de téléphone leur est dédié. Ils sont régulièrement sollicités pour donner en direct des réponses à des jeux (mots casés, sudokus, mot mystère à deviner...) et peuvent même gagner des cadeaux.

Maël, 13 ans, hospitalisé en chirurgie depuis quelque temps, s'est pris au jeu. Dans sa chambre, il regarde la télévision, téléphone en main, avec le numéro de la chaîne de télévision pré-enregistré. Dès que Marie-Hélène Petit, dans le studio, invite les enfants à appeler, il dégaine le smartphone et tente sa chance.

"Quand j'étais petit, je disais toujours à mon père d'appeler les numéros à la télé pour gagner des sous. Là, c'est moi qui peux le faire, même si je gagne pas d'argent", sourit-il.

L'ado, qui avait déjà rempli la grille de mots casés, distribuée la veille, s'est aussi laissé tenter par les sudokus, qu'il a découverts pour l'occasion. "C'est bien, ça passe le temps", estime-t-il.

- Comme un vrai studio -

A l'autre bout du fil, dans le studio, Brenda, de l'association Les Francas, décroche et se charge de mettre les enfants en attente ou de retransmettre leur appel en direct. "C'est drôle d'entendre ma voix dans la télé", sourit encore Maël, qui remportera deux cadeaux: un livre et un jeu de société.

Pour les éducatrices qui prennent part à l'émission en direct tous les mois, c'est un défi: "Au début, on ne connaissait rien, on a eu une mini formation", retrace Marie-Hélène Petit.

Plusieurs bénévoles viennent en aide au personnel hospitalier: Louane et Noah orientent les trois caméras du studio, tandis qu'une éducatrice à la régie s'occupe de choisir sur un ordinateur le meilleur plan, qu'elle envoie en direct sur les téléviseurs.

Sa collègue, Nathalie Nace, gère le son. Une mission bien différente de celle qu'elle occupe au quotidien, lorsqu'elle joue avec les enfants. Mais "c'est important pour les enfants. Ça leur permet de rester en lien avec le monde réel", estime-t-elle.

L'aventure devrait continuer, le studio ayant été intégré aux plans du futur CHRU, dont l'achèvement est attendu en 2032.

(O.Zhukova--DTZ)

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